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maniéré qu’ ils puissent se communiquer & s’ entresecourir faci-lement ; à bien placer les gardes relativement au local, ce quifait auíìì qu' on n’ a pas besoin de les trop multiplier ; à tenirles partis de troupes légères & les patrouilles dans un mouve-ment continuel pour découvrir & reconnaître ; à garder par desdétachemens les passages qui conduisent sur les flancs ; à se mé-nager des réserves le long de la chaîne ; à rendre certains che-mins impraticables, faire de grands abatis, & prendre toutesles mesures propres à garantir les quartiers des alarmes quipourraient troubler leur tranquillité & leur repos.
Lorsque les quartiers embrassent nécessairement une grandeétendue de pays, il faut balancer cet inconvénient inévitablepar d’autres avantages qu’ on retire de la position. Celle-ci doitêtre telle, que l’ennemi n’ose rien tenter par les justes sujetsde jalousie & de crainte qu’elle lui inspire, & par les facilitésqu’ elle vous donne de le couper de ses communications s’il ve-nait vous attaquer. C’ est un art dont peu de Généraux font ca-pables , que de savoir disposer ses quartiers si savamment & siavantageusement.
„ L'hiver de 1744 à 174; nous formâmes, dit le Roi de„ Prusse, la chaîne de nos quartiers tout le long des monta-„ gnes, qui séparent la Silésie de la Bohème , & nous gardâ-„ mes exactement les frontières de nos quartiers pour être en„ repos. Le Lieutenant-Général de Truchses avait à observer le„ front de la Lusace jusqu’au Comté de Glatz, la ville de 8a-„ gan, & les postes de Schmiedberg à Friedland. Ce dernier„ endroit était fortifié par des redoutes. II y eut encore quel-„ ques autres petits postes retranchés fur les chemins de Schat-,, zlar, Liebau, & Silberberg. Le Général de Truchses s’était„ ménagé une réserve , pour soutenir le premier de ces postes,, qui viendrait à être insulté par P ennemi. Tous les détache-„ mens étaient couverts par des abatis faits dans les bois; &„ tous les chemins menant en Bohème avaient été rendus im-„ praticables. Chaque poste ayait ses hussards pour reconnaître.„ Le Général Lehwald couvrait l e Comté de Glatz par un pa-,, re ^ détachement, & avec les mêmes précautions. Ces deux„ Généraux se prêtaient la main, de forte que si les Autri-„ chiens eussent marché contre le Général de Truchses, le Gé-