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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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;°4 TACTIQUE

de mouvement , & ce mouvement en est bien plus parfait.Mais la plupart des Rois , bien loin de commander leurs trou-pes en personne, & de S appliquer à devenir bons Généraux,se déchargent sur leurs ministres de tout le poids des affai-res. * Heureux le Souverain qui, sachant placer avec discer-nement sa confiance, trouve des hommes aster sages, assez éclairés,assez modestes, pour ne point abuser dune pareille autorité;& heureux alors 1 Etat qu' ils gouvernent, puisqu il est à labrides dangers de lignorance, de la présomption, des caprices,& du hasard. Un tel ministre ne méconnaît point la sphère desa capacité & de ses connaissances ; il ne veut pas en sortir ,ni avoir la ridicule vanité de tirer de sa tête tout le plande la guerre, & de commander les armées de son cabinet. **II consulte les Généraux qu' on doit mettre à la tête de cesarmées, c est-à-dire, les plus habiles. Ce n est que fur leurslumières, & fur leur expérience, quil peut fonder solidement& savamment ses projets. Ils lui feront connaître 1 espèce deguerre qu on peut faire dans des pays différons, & fur lesdifférentes frontières ; les facilités & les difficultés qu on ytrouve ; les préparatifs qu ils exigent p les camps & les postesqu on doit occuper ; tout ce que 1 ennemi peut exécuter;,tout ce quil faut prévoir & imaginer pour le réduire à lab-surde ; les suites qui doivent résulter de certains mouvemens &de certaines opérations différemment combinées de part & dau-tre; les forces de 1 ennemi, le caractère de ses Généraux, latactique & la discipline de scs troupes ; les moyens de pour-voir aux subsistances & ^ d assurer les magasins & dépôtsles places quil faut couvrir, celles qu il faut attaquer;, lesressources dans les malheurs & les revers ; en un mot toutes

les

* II faut cependant avouer quef Europe poftede aujourdhui plusieursSouverains qui gouvernent paf eu'x-mêmeSj & dont les vertus donnentà leurs sujets les plus belles- espé-rances. II n y en a certainement au-cun qui soit plus occupé des foinsdu gouvernement, que le Roi de Sar-daigne. Il en connaît parfaitement

toutes les branches, Sc on n a peutêtre jamais vu dans un Roi une assidui-

au travail si infatigable, ni unpenchant plus décidé de sacrifier sonrepos au bonheur de ses peuples.

** Les âmes faibles Sc vaines fonttoujours entraînées par de petits mo-tifs a de grandes fautes.