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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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ET STRATEGIQUE. 307

Lorsque le Prince de Condé entra à la tête larméeEspagnole en France par la frontière de Picardie, les uns vou-laient que toute 1' armée du Roi marchât vers Compiègnepour se partager & occuper une étendue de pays considéra-ble , sans passer 1 Oise ; & les autres qu on jetât linfanteriedans les places, & quon éloignât la cavalerie. Par le premierparti on exposait les places de la Somme, & par le second onouvrait au Prince le chemin de Paris, & on lui laissait la li-berté dentreprendre tout ce qu il aurait voulu. M. de Turennefut dun sentiment contraire à toute V armée, & à toute laCour. Quoiqu il n eût que seize mille hommes, & que lenne-mi en eût trente mille, il opina qu il fallait passer 1 Oise , &fe tenir à deux lieues de lui dans un camp fort sûr, d lonpourrait se porter vers telle place que lon voudrait aíïìégerfur la Somme. La résolution de passer 1 Oise , dit le Maré- chai de Puysegur, de ne mettre personne dans les places, & de se tenir toujours proche de lennemi, rendit en effet P en- trée de M. le Prince en France fans effet. Ce n est pas que,, ce parti fut absolument sûr, car lennemi pouvait marcher à larmée du Roi & la combattre : mais quand on a une bonne», armée , quoique plus faible, qu on prend bien garde comme5 , on campe , aussi bien qu aux mouvemens de lennemi, c est», en pareille occaston le chef dœuvre de la plus grande scien-», ce, & le parti le plus assuré. *

* J 5 avais fait un article fur lesdeux campagnes de M. de Turennede 1652, & de 1653- 3 avais com-paré, de même que M. de Puyie-gur 3 la savante conduite de Tu-renne sur les bords de la Seine aVilleneuve Saint-Georges avec cellede César sur les bords de la Segreprès de Lerìda: mais j J y rendais plusde justice à César, qui n y trouvacertainement pas les facilités, que M.de Puysegur suppose. J e supprime monarticle parcs que Guischard a donnéune excellente analyse.de cette guerrede César en Espagne contre les Lieu-

tenans de Pompée. Cette analyse vautmieux que mes réflexions, & il fautla lire pour bien sentir la difficulté ,la finesse, & la science de cette guer-re de mouvemens, César vainquitde tête par son savoir Sc son habile-, & il remplit son dessein clai-rement exprimé dans ces paroles deses commentaires. Cœsar in eam Jpemvenerat , se sne pugna , & fine vulneresuorum rem conficere pojs ; ; quod resrumentaria adversarios interclufisfet .Cur etiam secundo pnzlio ahquos exfuis amitteretì Cur vulnerari pateretufoptime meritos de se milites î Cur de -

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