Buch 
Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
Seite
314
JPEG-Download
 

3î4 . TACTIQUE

de Silésie je suis presque sûr de battre les troupes peu manœu-vrières de mes ennemis , & que tant que je garderai la Saxeon ne pourra menlever la Silésie, puisquon ne pourra jamaismôter les moyens de continuer la guerre. Je commencerai doncpar établir dabord la ligne de communication de cette provin-ce avec la Saxe par la Lusace, & avec 1 Electoral par Frank-furt & CroíTen ; moyennant quoi je n aurai pas besoin d yavoir continuellement une armée trop nombreuse , car je seraià portée de la renforcer suivant T exigence des cas. Comme jeconnais dailleurs parfaitement, & beaucoup mieux que mesennemis , toutes les positions avantageuses qu on peut y prendrerelativement aux circonstances , joccuperai toujours cellesje pourrai rompre par de petits mouvemens tous leurs projets,ou les forcer à combattre dans les lieux qui me font les plus fa-vorables. Si-, par exemple, T armée Autrichienne est en Mora-vie , je nai quà occuper le camp de Neiistadt, en mettantcette ville & la rivière en avant du front du camp. Supposéque T ennemi veuille percer entre Ottmachau & Glatz , on naquà passer entre Neiís & Ziegenhals, & y prendre un campavantageux qu on y trouve. Cette position le coupera de laMoravie. Sil marchait du côté de Cosel, on n aurait qu à seplacer entre Troppau & Yëgerndorf, & Q n le couperait encorede ses convois. Supposé quil veuille pénétrer du côté de laBohème , on a entre Liebau & Schoemberg un autre camp nonmoins avantageux ni moins important, qui garantit toute labasse-Silésie contre la Bohème. II y en a aussi plusieurs de lautrecôté de lOder dont on peut prositer contre les Russes , pourles empêcher dentrer en Silésie, ou, sils y entrent, les cou-per de la Pologne d ils doivent nécessairement tirer toutes

Ainsi si au commencement d* une,, campagne les Autrichiens, entrent.. daus la plaine , leur témérité pour- ra entraîner leur ruine, & dès-iors toutes les opérations des armées Prussiennes, soit en Bohême, soit en Moravie, réussiront sans peine.,, C est un expédient fâcheux, me,, direz-vous, que d 1 attirer lennemì

,, dans son propre pays. J en con-« viens ; cependant c est f unique,parce qu il n a pas plu à la na- ture de faire de's plaines en Bohe--, me & en Moravie, mais de les-, charger de bois & de montagnes.« II ne nous reste donc quàchod» 1« le terrain avantageux, fans nou s embarrasser dautre chose.