ET STRATEGIQUE.
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CHAPITRE X LIX.
Des camps de paix , ou <£ injlruBion.
Il servirait à peu de savoir former de bons projets de guerrefi on n’ avait pas des troupes capables de les exécuter. Ainsi doncqu’ on doit mettre à profit le tems de paix pour apprendreà établir 1’ état de la guerre selon les différentes circonstances,il faut de même en tirer parti pour 1’ instruction des troupes& de ceux qui doivent Jes commander, en les habituant auxgrands mouvemens dans les terrains les plus variés, & auxopérations de campagne les plus difficiles. II n’y a pas d’autremoyen pour cela , que de former des camps d’instruction,Comme je 1’ ai déjà fait voir dans un chapitre de cet ouvrage,le ne répéterai point ce que j’ y ai dit. J’insisterai seulementsur la nécessité de bannir de ces camps tout ce qui est exer-cice de détail, qu’ on doit avoir appris en garnison , & dene s’ y occuper que des manoeuvres du grand genre , & desparties sublimes de la Tactique. J’ajouterai que pour en tirerla plus grande instruction, on doit partager les troupes qu'ony destine en deux corps, & les faire camper séparément, &agir 1’ un contre T autre. On a beau faire & se donner dessoins, les officiers particuliers ne se forment que très-imparfai-tement, & les officiers généraux point du tout, lorsqu’il n’ya pas de corps en opposition. Quelque peine qu’ on se donne,°n retire peu de fruit d’une instruction si défectueuse & sté-à' ou, ce qui est pis encore, on y contracte de très-faussesidées de l a guerre. C’ est tout autre chose quand deux Gé-néraux manœuvrent , comme s’ ils étaient ennemis. II n' y aqu a leur prescrire un but , qu’ à déterminer en gros le plan
es opérations , & qu’à les laisser agir après cela suivant leurs lu-mières. r
Pour donner un exemple de cette guerre simulée ou d’in-ítruction, je prends deux brigades formées selon mon système;Car fi í aUt av °fi pour de tels simulacres des troupes bienconstituées, & qui ayent une théorie de manœuvres fondée fur