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Pensées sur la tactique et la stratégique ou vrais principes de la science militaire / par de Silva
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Silésie lui étaient fatales , & qu elle faisait de vains effortspour reconquérir cette province tant que le Roi était maîtrede la Saxe,

On voit par ce seul exemple de quelle importance il estde bien régler létat de la guerre ; & à cet effet je pense querien ne ferait plus utile à un Etat, ni plus instructif pour lesSouverains , pour les Généraux, & pour le ministère, que deformer pendant la paix des projets fur les différentes espècesde guerre , qu' on peut fe trouver dans le cas de soutenir. IIfaudrait approfondir dans les plans de ces guerres supposéestoutes les connaissances qu ils doivent -embrasser , avec le mêmesoin., que s'il s agissait dune guerre réelle. On pourrait à ceteffet partager le nombre des officiers généraux en plusieurs classesselon leur rang d'ancienneté , & obliger -chaque classe alterna-tivement à dresser des projets fur 1 espece de guerre qui luiserait indiquée. Les officiers généraux formeraient dabord cesprojets séparément, chacun selon ses lumières particulières, &à la fin de 1' année ils se réuniraient pour fe communiquerleurs idées , & pour examiner ensuite devant le Souverain, oudevant un conseil militaire, les dissérens plans, & en discuterìes raisons. Faute d'une pareille méthode personne ne sinstruit,& souvent 1 incapacité ,& limprudence dirigent tout. *

* Un art qui assure & conservela liberté, la glorie, la fortune def Etat, & qui enseigne à vaincre sesennemis en épargnant la vie des com-battans j mérite bien d 5 être étudié.J.e dis plus j .on ne peut jouir d" unelongue paix qu en étudiant conti-nuellement la guerre. Une nationqui lignore est bientôt ffibjugée ouasservie par d autres qui i a savent.K op ae létudiait pomt u f audra ; t

donc la faire souvent-, il faudrait sup-pléer à la théorie & à s étude patune expérience machinale & grossière,car il est clair, il est incontestable,qu un peuple ignorant chez qui l_ aguerre ne roulerait que sur la prati-que oublierait tout après quelquesannées de paix, & que plus cettepaix durerait & plus il irait en dé-cadence Sc s ' approcherait de fa ruine»