UES SCIENCES NATOBELLES.
par la prétendue nécessité de ces réformes, qu’ilest essentiel d’en faire sentir les funestes consé-quences.
La source de tous ces abus existe dans un amour-propre désordonné, dans le désir immodéré d’ac-quérir de la célébrité à quelque prix que ce soit.Pourvu qu’on y parvienne, quimportent les in-térêts de la science? elle n’est plus que l’instru-ment de nos passions. Au défaut d’idées, nouscréons des mots, comme l’a dit Voltaire ; et pour peuque nous sachions y attacher d’importance, nouséblouissons un instant: mais voyons en quoi consis-tent ces changements : ils ne portent très-souventque sur les termes de l’art, ou sur la dénomina-tion des genres et des espèces. Pour exécutercette réforme, il fallait des prétextes au moinsapparents. On s’est d’abord autorisé de l’exemplede Linné , tout en cherchant à l’avilir (i). N’a-t-ilpas lui-même établi un grand nombre de termesnouveaux? N’a-t-il.pas supprimé la plupart desgenres anciens, ou le nom de ceux qu’il a con-servés ? Pourquoi n’aurait-on pas le même droit ?
Pour détruire de si faibles motifs, il suffit de
(i) Ceci
me rappelle un passage de Labruyère. « On se nourrit, dit-il,
des anciens e t des habiles modernes , on les presse, on en tire le plusque ^ peut, on en renfle ses ouvrages ; et quand enfin l’on est auteur ,et qu croit marcher tout seul, on s’élève contre eux, on les mal-traite; ^ labié à ces enfants drus, et forts .d’un bon lait qu’ils ont
sucé, qui ent leur nourrice. » ( Caractères de Labruyère ; des ouvrages
de Vesprit.) Ou en seraient l es détracteurs de Linné , s’ils ne l’eussentpas eu pour guide ?