?H)8 HISTOIRE O F. S PLANTES.
yeux. Mais combien sont étonnantes, autant parleur nombre que par leur grandeur, ces fougèresdes régions équinoxiales, qui parviennent à lahauteur de plusieurs pieds sur un tronc épais ,de consistance ligneuse, couronné par un ampleet brillant feuillage! Avec quelle variété dans leursformes, avec quelle richesse dans leurs feuilles sedéveloppent, aux yeux du voyageur, toutes cesbelles espèces , si admirables par la vigueur deleur végétation !
Les anciens, frappés de la forme et de la dis-position des feuilles dans les fougères, les avaientcomparées aux ailes étendues des oiseaux ; lesGrecs leur donnaient le nom de pteris (aile), ap-pliqué aux seules espèces cpii offraient ce carac-tère ; les autres étaient désignées sous d’autresnoms, comme nous le verrons dans l’expositiondes principaux genres de cette famille : ils les dis-tinguaient en mâles et en femelles, non d’aprèsleur fructification, dont ils n’avaient pas la moin-dre idée , mais d’après leur végétation plus oumoins vigoureuse.
Les fougères s’emparent des terrains nouvelle-ment formés et préparés par cette suite de végé-taux dont nous avons exposé les fonctions : ellesen deviennent les premiers habitants. La plupart,destinées à vivre dans l’obscurité, se réfugientde préférence dans les grandes forêts, et jettent,sous l’ombrage des arbres, les fondements d’unevaste colonie. Privées de ces flots de lumière et