HISTOIRE DES plantes.
On prétend que le nom de momordica vient dulatin mornordi (j’ai rongé ou mordu), parce queles semences de cette plante sont un peu tuber-culeuses, comme rongées : celui d 'elaterium esttiré du grec elater (ressort), à cause de l’élasti-cité de ses semences. C’est sous ce dernier nomque les anciens, tels que Théophraste , Pline,Dioscoride , ont désigné cette espèce, qui porte enfrançais les noms vulgaires de concombre d’âne ,concombre sauvage (cucumis sjlvestris, dans ungrand nombre d’auteurs). C’était surtout du sucdes fruits de la momordique dont il s’agissait quandon parlait de Y elaterium, employé comme médi-cament. Théophraste en dit peu de choses, si cen’est que ce suc peut se conserver pendant plusde deux cents ans, et que plus il est vieux, meilleuril est. Pline, en répétant la même assertion, ex-pose la manière d’extraire ce suc; puis en parlantde ses propriétés, il débite des contes si ridicules,qu’on ne peut se permettre de les rapporter. Aureste, on distingue deux sortes d’ elaterium, leblanc et le noir. On prépare le premier en sca-rifiant les fruits lorsqu’ils approchent de leur ma-turité; le suc qui en découle se sèche au soleil;celui-ci est le plus puissant. Le second se tire parcontusion ou expression de la pulpe des fruits,et se prépare comme les extraits : il a bien moinsde force, et peut être donné à une dose beaucoupplus forte. Il faut avoir soin cependant derecueillir les fruits un peu avant leur maturité :car si l’on attend ce moment, on perd la plus