Band 
Tome premier.
Seite
361
JPEG-Download
 

d’ArCHITECTURE. z6l

de nos édifices graves & réguliers ; cependant lesstatues placées dans la nef de l Eglife de Saint-Sul-pice , celles qu’on voit dans le sanctuaire de l’Eglifede Notre-Dame, celles des niches de I4 galleriedu Château de Meudon, & de l’hôtel de Toulouseà Paris , font toutes soutenues ainsi , contre touteidée de vaissemblance. Une statue semble exigerun piédestal qui monte de fonds pour la soutenir;il feroit encore plus absurde, à la vérité , de faireporter une colonne fur un cul-de-lampe, tel qu’onen remarque dans la décoration feinte de l’efcalierde Thôtel de Soubife , & dans la plupart de nosdécorations théâtrales. Mais pour ne parler icique des statues, n’est-ce pas vouloir blesser lavraisemblance, que de placer en porte-à-faux unefigure en action , “fur un cul-de-lampe , fur uneefpece d’encorbellement ou console, qui , quoi-que d’un bon goût pour le dessin considéré séparé-ment , n’annonce toujours qu un support impar-fait , propre tout au plus à recevoir une petitefigure en bronze , une porcelaine , un bijou deprix dans les moyennes pieces d’un appartement;car alors ces fortes d’ornements font regardés fansconséquence. Les culs-de-lampes peuvent encoreservir de crédences dans les sacristies , près desretables d’autels , dans les salles à manger, & dansles appartements de bains ; enfin ils peuvent ser-vir de pieds pour les tables de marbre ; ces der-niers occupant peu d’efpace , .& étant posées furle parquet , semblent porter de fonds , ou dumoins leur port-à-faux racheté avec art , n’a rienqui puisse blesser l’œuil. Mais en toute autre occa-sion , lorfqu’il est question d’une figure , souventplus grande que nature , c’est avoir recours àl’erreur , c’est multiplier l’abus de l’art ; de tels