d’Architecture. 463par la beauté de ses proportions & le choix del'on ordonnance, se suffit à elle-même; que legoût, fruit du raisonnement de FArchitecte , doitguider son crayon, ainsi que son génie , pourlui faire distribuer ses ornements avec sobriété ;qu’il doit lui faire choisir avec leur expression laplus convenable, leur relief & leurs symboles , &lui faire établir dans fa décoration, des repos &des intervales qui contribuent à faire valoir lesornements , fans nuire à la dignité de FArchite-cture.
Le goût acquis exclut toute efpece de mode,dans FArchitecture , comme autant d’obstaclesà fa perfection & à fes progrès. La nouveautésemble ne devoir être permise , que pour leschoses de pur agrément. L’homme de goût,lorsqu'il s’agit des Arts utiles , fait résister autorrent, & abandonne au vulgaire cet esprit devertige que F Artiste superficiel décore du nomde génie, de feu & d’invention. C’est la mode,ce tyran du goût, qui a varié à Fin fini Fespece,le genre & la forme des ornements > & qui nousles a fait placer assez long-temps , indiscrètement& sans distinction , dans les Edifices sacrés, dansles Palais des Rois, dans les demeures du Prélat »du Magistrat, du Savant & de Fhomme privé.C’est la mode, la ressource des Artisans merce-naires & fans principes , qui leur a fait employerjufqu’à l’excès ce mélange confus de lignes sinueu-ses & de lignes droites, dans les plans & dansles élévations. N’en doutons point, c’est l’excel-lence de l’Art, ou la médiocrité des productionsqu’entraîne la mode, qui satisfait l’âme, ou quilui fait éprouver ce dégoût, qu'on ressent à leuraspect, lorsqu’on n’y remarque qu’une confusion