140
TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
la figure et la description d’une citerne découverte en 1739, auprèsde Vol terra, il en est question au Livre IV e ., IV e . Section, Cha-pitre I er .
On sait que les Étrusques étaient, avant les Romains , le peuple leplus puissant d’Italie ; leur domination s’étendait depuis le fond de laLigurie jusqu’au port d’Ostie. '
Une partie, qui était connue des Grecs sous le nom de Tyrhéniens,passait pour avoir inventé, ou plutôt perfectionné l’art de la maçon-nerie, qu’ils enseignèrent aux autres peuples d’Italie . Les plus anciensauteurs, tels que Homère, Hésiode, Hérodote, Thucydide , les appel-lent Tyrséniens, et leurs murs tjrsis, au lieu de téichos dont les auteursmoins anciens se sont servis. On prétend que le mot tjrsis a la mêmesignification dans le langage des anciens Étrusques. On désignait aussiles tours dont on fortifiait les villes par le mot de tjrseis.
Du mortier des Romains.
Je ne pense pas, comme plusieurs auteurs, que les anciens Romainsaient eu une méthode de faire le mortier, différente de celle que l’onpratique encore aujourd’hui à Rome et dans toute l’Italie , ainsi quedans plusieurs autres pays.
Il est certain que malgré la décadence des arts qui a suivi celle del’Empire Romain, on n’a pas discontinué de bâtir jusqu’à nos jours;on a pu perdre, pendant plusieurs siècles, le goût de la bonne archi-tecture , parce qu’elle demande des études et des connaissances aux-quelles les révolutions causées par l’invasion des peuples du Nord nepermirent pas de se livrer : mais quant aux procédés de l’art de bâtir,qui font constamment l’unique étude des ouvriers ordinaires, il fautcroire qu’ils se sont transmis jusqu a nous, tels qu’ils se pratiquaientdu temps des anciens Romains.
Cette question m’ayant paru une des plus importantes de l’artde bâtir, j’ai examiné avec soin les restes des anciens édifices tantde Rome que de l’Italie et de la France , bâtis par les anciens Ro-mains , et j’ai reconnu, en comparant les mortiers employés à leurconstruction avec ceux des édifices construits depuis dans les mêmespays, qu’au bout d’un certain temps ils parvenaient à une duretéégale. On voit par plusieurs parties des constructions de Saint-Pierre