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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.
préparation du mortier, absorbe subitement l’eau contenue dans cemélange, ce qui le fait durcir presqu’aussi vite que le plâtre.
Ce mortier, employé pour les ouvrages dans l’eau, paraît d’abordproduire l’effet le plus avantageux, et être supérieur au mortier depouzzolane à cause de la promptitude avec laquelle il fait corps ; maiscomme la quantité de chaux est presque double de celle que l’usage etl’expérience ont fixée pour former, avec le sable et le ciment, un corpssolide, il en résulte que le mortier Loriot perd, au bout d’un certaintemps, l’avantage qu’il présente lors de son emploi, tandis que lemortier ordinaire acquiert , au contraire, une consistance et unedureté qui va toujours en augmentant, et qui finit par être aussigrande que celle des pierres dures et des briques cuites.
Ayant eu occasion d’examiner des enduits qui avaient été faits de-puis environ quinze mois, sous l’inspection de Loriot, pour couvrirla terrasse de l’Observatoire, je remarquai que ces enduits présentaientà la surface une superficie lisse et mince fort dure; mais dès que cetteépiderme était entamée, on trouvait que le dessous avait beaucoupmoins de consistance et de dureté que le bon mortier de ciment.
Cette quantité de chaux vive qu’on ajoute au mortier Loriot, le rendtrop aride pour les ouvrages en maçonnerie, et surtout pour les murshors de terre, qui n’ont pas beaucoup d’épaisseur. Cette chaux ab-sorbe l’humide nécessaire pour faciliter l’adhérence du mortier avecles pierres, les briques ou moellons. D’ailleurs, ce procédé devienttrès-coûteux, parce qu’il exige le double de chaux du mortier oi’di-naire, et que la moitié de cette quantité doit être réduite en poudrepar des procédés dispendieux et sujets à plusieurs inconvéniens.
On trouve dans le Journal de physique de l’abbé Rozier, du moisde novembre 1774 , un Mémoire de M. de Morveau, sur un nouveaumoyen de pulvériser et bluter la chaux vive pour la composition dumortier Loriot, afin d’éviter les dangers auxquels les ouvriers qui fontces opérations sont exposés.
Ce nouveau moyen consiste à laisser éteindre la chaux à l’air, pourla reealciner par le moyen d’un four imaginé pour cet usage, dont onvoit la figure à la planche VI. Ce four est élevé sur un massif de ma-çonnerie en moellons, marqué A aux figures 1 et 2. Cette élévationmet l’aire à la hauteur des fours ordinaires. Sa forme intérieure estune ellipse dont le grand diamètre a 4 pieds (13 décimètres ), et le