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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
Moyen de parvenir à faire le meilleur mortier possible, relativementaux matières qu’on peut y employer.
Puisque la bonté du mortier dépend autant de la manière dont il estpréparé, que de la qualité des matières qui le composent, il est essen-tiel de faire cette opération avec toutes les précautions qu’exigent lesqualités de ces matières.
Les procédés à suivre peuvent plutôt s’indiquer que se prescrired’une manière précise, comme l’ont fait plusieurs auteurs, en indi-quant les doses ou quantités, parce qu’elles dépendent des qualités desmatières qui varient beaucoup.
Il y a de la chaux vive, telle que celle de Melun , qui absorbe en s’é-teignant deux fois et demi son poids d’eau, pour former une pâtemoyennement liquide, comme il faut qu’elle soit pour faire le mortierordinaire, sans être obligé d’y ajouter de l’eau.
Il se trouve d’autre chaux qui ne consomme, pour former une pâtede même consistance, qu’une quantité d’eau égale à son poids. Il résultede plusieurs expériences, que, pour faire un bon mortier avec la pre-mière de ces pâtes, il faut mêler trois parties de sable de rivière avecune partie et demie de chaux, et qu’en faisant usage de la secondepâte, il en faut deux parties pour trois du même sable. Ces deux mor-tiers étant également broyés acquièrent avec le temps à peu près lamême consistance.
Il faut observer que dans le premier mortier la quantité de chauxen pâte est moitié de celle du sable, et que, dans le second, elle en estles deux tiers; cependant, depuis Vitruve , tous ceux qui ont écrit surl’art de bâtir ont répété que, pour faire un bon mortier il suffisait demêler une partie de chaux éteinte avec deux parties de sable de ri-vière; mais il faut supposer une chaux d'une qualité supérieure à cellede Melun , qui passe cependant pour être très-bonne. Quant à la quan-tité de chaux vive qui entre dans ces deux mortiers, j’ai trouvé quedans le premier elle n’est que la septième partie du sable, tandis quedans le second elle en est le tiers. C’est cette dernière proportionqu’indique M. de la Faye. Pour réussir à faire dans tous les cas le mé-lange qui convient, il faut avoir une certaine expérience pour jugerdu degré de consistance que doit avoir la chaux bien fusée et le mor-