171
CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.
Le temps que Vitruve prescrit pour la coupe des bois, est encorecelui qui a été reconnu le plus convenable, c’est-à-dire, depuis le moisd’octobre jusqu’au mois de février.
On convient encore que le moyen d’entailler les arbres par le baspour faire écouler la sève qu’ils contiennent, est nécessaire pour éviterque leur bois ne se corrompe par la fermentation de ce suc, lorsqu’ilssont employés trop tôt.
Pour mieux faire sentir la nécessité de ce moyen, nous allons indi-quer, en peu de mots, la manière dont le bois se forme, d’après les ob-servations des plus savans naturalistes, tels que Grew, Malpighi , Halles,Duhamel et Bufîon.
Une semence d’arbre quelconque que l’on plante en terre au prin-temps, par exemple un gland, produit, au bout de quelques semaines,un petit jet tendre et herbacé, qui s’étend, grossit et durcit, contenant,au bout de la première année, un filet de substance ligneuse terminépar un bouton. De ce bouton, qui s’épanouit au commencement del’année suivante, sort un second jet semblable à celui de la premièreannée, mais plus vigoureux, et qui s’étend davantage. Il produit unautre bouton qui contient le jet de la troisième année, et ainsi de suite,jusqu’à ce que l’arbre soit parvenu à sa hauteur. Chacun'de ces boutonsest une espèce de germe, qui contient l’accroissement de chaque année :de sorte qu’un arbre de cent pieds est formé par des accroissemens suc-cessifs , dont le plus grand ne passe pas deux pieds.
Les accroissemens qui forment le cœur de l’arbre dans sa maturité,conservant toujours les mêmes dimensions, ils existent dans un arbrede cent ans, sans avoir grossi ni grandi, ils sont seulement devenusplus solides. Dans un arbre fendu dans le milieu dans toute sa lon-gueur, on remarque, vers le cœur, des étranglemens qui désignent les
paraît être le résultat de l’expérience; par exemple, ce que dit Vitruve relativement autemps et à la manière d’abattre les arbres, afin de rendre leurs bois plus forts et plusdurables, et sur quelques propriétés de ceux qui étaient le plus en usage de son temps.
Pour ses raisonnemens sur les causes des qualités et des propriétés de ces differens tarbres, Vitruve se fonde sur les opinions des philosophes les plus accrédités de sonsiècle, tels que Pythagore, Empédocle , Epicharmes et autres , qui enseignaient quetoutes les productions de la nature étaient formées de la combinaison de quatre prin-cipes OU élémens , savoir: l’air, le feu, l’eau et la terre, et que leurs variétés, leursqualités et leurs propriétés dépendaient des proportions selon lesquelles ces principesétaient combiné
22 .