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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
accroissemens , en hauteur, de chaque année, de même que les cerclesde la hase marquent les accroissemens de grosseur.
Le bouton qui vient au sommet du premier accroissement tire sasubstance par les canaux ou fibres de ce petit arbre. Ces principauxcanaux, qui servent à conduire la sève, se trouvent entre l’écorce et lacouche ligneuse, produit de chaque année.
La sève, en montant, forme elle-même les fibres qui lui servent deconduit, ce qui donne chaque année une couche de plus autour dela circonférence de l'arbre, à sa partie inférieure; arrivé au bouton,elle produit en outre un ou plusieurs rejetons, qui forment l’accroisse-ment en hauteur de l’année. Ainsi, dès la seconde année, un arbre con-tient déjà, dans son milieu , un filet ligneux, qui est la production dela première, et une couche ligneuse, enveloppe de ce premier filet; etde plus le filet ligneux , accroissement de la seconde année. A la troi-sième, il se forme une nouvelle couche ligneuse , qui enveloppe celle del’année précédente, et en outre un filet ligneux, qui est la crue en hauteurde la troisième annee. Il en est de même des accroissemens successifs.Chacun forme un cône creux fort allongé, qui recouvre les productionsligneuses des années précédentes, et forme au-dessus un ou plusieursrejetons, qui augmentent la hauteur et produisent des branches.
Les cercles que l’on distingue sur la coupe transversale des arbresqu’on a abattus, sont les bases de chacun de ces cônes. On remarquedans les bois résineux, tels que le Pin , le Sapin, le Mélèse, etc., quela partie qui sépare chaque cercle est composée d’une matière plustendre et plus spongieuse. Dans certains bois, la matière interposéeentre les couches ligneuses, a les pores plus ouverts, comme dansl’Orme, le Frêne, le Châtaignier et le Chêne . Dans d’autres arbres, latexture est si uniforme et compacte, qu a peine on distingue les cerclesqui forment l’accroissement en grosseur de chaque année : tels sont leCharme, l’Érable, le Hêtre, le Peuplier, le Saule, l’Aune, le Bou-leau , etc. Il en est de même de presque tous les arbres à fruit, commele Citronnier, l’Oranger, le Prunier, le Poirier, le Pommier , etc. ; ainsique des bois durs, comme le bois de Fer, l’Ébène, le Buis, le Gaïac ,le Cornouiller , etc.
Relativement à la manière d’abattre les arbres, on a trouvé que lesentailles proposées par Vitruve , qui réduisent le tronc de l’arbre àmoitié de sa grosseur, l’exposent à être renversé par les moindi’es vents,