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TRAITÉ DE L’ART DE BATIR.
» J’avais par devers moi quelques anciennes observations sur la force>• expansive des sels. Je savais que certaines galeries de salines, situées en» Bavière ou en Tyrol, s’étaient obstruées, dans l’espace de peu d’an-» nées, par l’action seule du muriate de soude dont la roche est péné-» trée en tous sens; je n’ignorais point que le toit et le mur de plusieurs» couches de houille se réunissent quand le combustible est enlevé par» le fait seul du gonflement du schiste alumineux; je savais aussi que la» craie dont on se sert pour bâtir à Malte tombe en poussière quand l’eau» de la mer vient à la toucher 1 ; enfin, j’ai rassemblé toutes ces données, et» j’ai commencé les expériences dont je vais rendre compte, en él im inant.» toutes celles qui ne m’ont amené à aucun résultat satisfaisant.
» Le nitrate de potasse, le muriate de soude, le sulfate de magnésie,» le carbonate et le sulfate de soude, l’alun et le sulfate de fer, effleu-» rissent assez généralement à la surface des roches qui les contiennent,» et la réduisent en poudre ou en éclats absolument de la même» manière que le fait l’eau congelée par rapport aux pierres gelives.» Or, j’ai mis une suite assez nombreuse de pierres d’appareil, de» diverses natures, successivement aux prises avec chacun de ces sels,» afin de pouvoir choisir ensuite celui dont la force expansive me» semblerait la plus énergique et la plus active. Le sulfate de soude» ( vulgairement sel de Glauber ) m’a paru mériter la préférence,» puisque c’est avec lui que j’ai fait toutes les expériences qui m’ont le» plus parfaitement réussi. Passons donc sous silence tous les essais» qui n’ont eu aucun succès, et toutes les épreuves qui m’ont amené» au point que je considère aujourd’hui comme le meilleur procédé à» employer pour reconnaître les pierres de mauvaise qualité, je dirai» que, lorsqu’on veut s’assurer si une pierre d’appareil est susceptible» ou non de résister à l’action de la gelée, il faut la faire bouillir dans» une dissolution saturée à froid de sulfate de soude pendant une» demi-heure, la retirer et la placer ensuite dans un vase plat, au fond» duquel on verse environ une ligne d’épaisseur de cette même dissolu-» tion, de manière à ce que la pierre en épreuve y trempe légèrement,
1 A u Chap. VII du second Livre de Vitruve, il est aussi parlé de l’action destructive del’eau de mer sur les pierres tendres. Mais ce que dit le même auteur, sur l’effet que produitle sable marin employé dans les constructions, où il détruit les enduits en rejetant audehors le sel dont il est imprégné, semblait devoir mettre plus directement sur la voie decette précieuse découverte. (Voyez ci-devant, page 129. )