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Tome premier.
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CONNAISSANCE DES MATÉRIAUX.

» et par sa base seulement. On placei'a le tout dans un appartement» chaud, si c’est en hiver, ou dans un grenier, si c’est en été, afin de» faciliter l’effloraison du sel dont la pierre est imprégnée : au bout de» vingt-quatre heures on trouvera l’échantillon couvert d’efflorescences» neigeuses, et la liqueur évaporée ou absorbée. On aspergera légère-» ment la pierre avec de l’eau pure, jusqu’à ce que toutes les aiguilles» salines aient entièrement disparu, et que la pierre, que l’on ne doit» pas sortir du vase, soit bien lavée. Il n’est pas rare de trouver tout» à l’entour de l’échantillon, dès cette première lotion, des grains, des» feuillets ou des fragmens anguleux qui s’en sont détachés, et beaucoup» d’autres déjà soulevés, si l’on opère toutefois sur une pierre gelive.» Ici l’expérience marche, mais n’est point terminée : il faut laisser» effleurir de nouveau, puis arroser, et continuer ainsi pendant cinq à>, six jours; au bout de ce temps, si la température a été sèche, et que« les efflorescences soient bien formées, on doit être fixé sur les bonnes» ou mauvaises qualités de la pierre en épreuve. On lave alors l’échan-» tillon à grande eau, l’on recueille tout ce qui s’en est détaché pendant„ le cours de l’expérience, et l’on juge, par la quantité de ces parties» désunies, du degré d’altération quelle éprouverait un jour si on l’ex-» posait à l’action de la gelée.

» Les pierres très-gelives que j’ai soumises à cette épreuve se sont» détériorées dans le courant du troisième jour, quelques-unes se sont» entièrement éboulées; celles qui sont moins mauvaises ont résisté cinq» à six jours; mais peu de pierres, excepté les granits durs, les calcaires» compactes et les marbres blancs, ont pu supporter l’épreuve pendant» trente jours consécutifs. Il est donc un terme où il faut s’arrêter, et» je crois que huit jours doivent suffire. --

v Pour peu que l’on soit familiarisé avec ces sortes d’expériences, on» s’explique facilement tout ce qui doit se passer dans le courant de» l’épreuve dont il s’agit. L’eau bouillante et chargée de sels dilate la» pierre et la pénètre, à une certaine profondeur, à peu près comme» l’eau pluviale s’introduit à la longue dans l’intérieur des pierres» exposées aux intempéries de l’atmosphère. L’eau pure, en se congelant,

» occupe un plus grand volume qu’à l’état de fluide, aussi se fait-elle» jour à travers les pores de la pierre, en faisant effort contre les parois» des cellules, qui ne peuvent plus la contenir dans ce nouvel état. De» même le sel, tenu en dissolution au moment où il s’est introduit