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constante à leurs Bâtiments , & les dédomma-geassent de la main d’œuvre dont ils avoient es-suyé les peines. Aux végétaux, ils firent succé-der les minéraux & les métaux , & commencè-rent à les allier ensemble : enfin , leur jugements’étant développé , ils convertirent les dépouillesdes animaux en étoffes, pour s’en faire des meu-bles. C’est par ces différents progrès fans douteque les hommes font parvenus à rendre leurs ha-bitations, & plus commodes & plus agréables :mais, osons le dire, c’est de cette commodité &de cet agrément, qu’est né le luxe qui règne au-jourd’hui parmi nous. En effet, si la plupart despeuples eussent eu moins d’ambition, ils se fussentcontentés d’une demeure simple ; ils s’en feroienttenus à la culture des terres, & à l’éducation deleurs semblables : combien n’en voyons-nou’s pasde nos jours , qui font leur bonheur d’une viechampêtre? La plupart des Pasteurs dans le fondde nos Provinces ; plusieurs familles dont lesancêtres ont versé leur sang pour la patrie : lesFermiers des grands Seigneurs, leurs Laboureurs,nos Pâtres y vivent encore dans cette simplicité ,qui faisoit partie des mœurs de nos ancêtres.Aussi, n’est-ce que dans les Capitales que les be-soins fe font accumulés. La splendeur des Nations ,l’ambition des Peuples, le culte extérieur de laReligion, les cérémonies d’éclat, la communica-tion des étrangers, l’opulence des Cours , le voi-sinage des gens du monde , tant d’exemples ontfait éclore dans tous le désir de fe surpasser; ceque n’eût jamais fait une vie sobre & retirée.Peut-être , aurions-nous plus de vertus , si nousvivions comme les premiers peuples du monde.D’un autre çôté, comparons les temps, & consi-
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