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Tome troisieme.
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O R A 6)

n d’une source qui y est, il vous répond en vers à ce» que vous avez dans l’esprit, quoique le plus souventn il soit sort ignorant. »

Ce qui diminue le merveilleux de ces sortes de faits,c’est que les prêtres avoient mille moyens de connoîtrece que les consultants venoient demander à l’oracle ,ou du moins de le deviner. Ils étoient les maîtres dedifférer leur réponse jusqu’à ce qu’ils se fussent éclaircis.Les officiers du temple, fous prétexte d’en faire voirles curiosités aux nouveaux venus, s’entretenoient aveceux & s’instruisoient adroitement de leurs affaires. Leshôcelliers questionnoient leurs domestiques , &, parcette voie , les prêtres pouvoient être aisément instruitsavant de répondre. Les oracles, qui se rendoient patsonges , étoient aussi fort surprenants. On faisoit dor-mir le consultant dans le temple : le lendemain, ilracontoit aux prêtres les songes qu’il avoit eus ; & l’ex-plication quais lui en donnoient, étoit la réponse à cequ’il étoit venu demander. Ordinairement on avoit soinde préparer par des jeûnes celui qui devoir dormir dansle temple , afin que son cerveau vuide fût plus propreaux songes. II étoit d’ailleurs assez naturel qu’ayantl’esprit frappé de dieux & d’oracles, ses songes y eus-sent quelque rapport. Quelquefois on le faisoit dormirfur des peaux de viítimes ; & l’on a soupçonné qu’ellesétoient frottées de quelques drogues capables de faireimpression sor le cerveau. Malgré toutes ces précau-tions, si l’on ne pouvoir prêter aux songes du consul-tant aucune interprétation passable , on lui faisoit passerune nouvelle nuit dans le temple , & cela , jusqu’à ceque ses songes pussent recevoir une explication con-venable. Quelquefois c’étoient les prêtres eux-mêmesqui dormoient, & qui avoient les songes ; dans cecas, la chose étoit assez simple.

II y avoit dans l’Achaïe un oracle de Mercure , quise rendoit d’une maniéré fort bizarre. On alloit direau dieu, tout bas & mystérieusement, ce qu’on vou-loir lui demander. On sortoit ensuite du temple ; &íles premieres paroles qu’on entendoit au sortir de là ,étoient la réponse du dieu. Cet oracle ne se rendoitC. R. Tome III. E