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Tome troisieme.
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jamais que le soir. Les prêtres pouvoient, dans l'obs-çurité , taire entendre , lans être vus, les paroles qu’ilsjugeoient à propos.

Une qualité inhérente à tous les oracles étoit l’équi-voque Si l’ambiguité. II n’y en avoit point qui n’eûtun double sens, & qui ne pût s’accommoder à plusieursévénements. L’Histoire ancienne en fournit des exem-ples fans nombre. Alexandre, ayant été saisi d’unemaladie violenteà Babylone, plusieurs de (es courtisansallerent consulter l’oracle de Sérapis, & lui demande-rent s’d étoit expédient qu’on apportât le roi dans l'ontemple, afin qu’il lui rendît la santé ? Sérapis réponditqu’il étoit plus avantageux pour Alexandre de restercù il étoit ; cette réponse étoit prudente. Le roi pou-voit mourir en chemin, ou dans le temple même; cequi eût tait grand tort à l’oracle. S’il meuroit à B.by-lone, l’oracle pouvoit recevoir une interprétation fa-vorable ; c est ce qui arriva en effet. Alexandre étantmoi t , on jugea que Sérapis avoit voulu dire qu’il étoitavantageux à Alexandre de mourir après des conquê-tes qu’d ne pouvoit ni augmenter ni conserver. Ma-crobe nous apprend que Trajan , étant fur le point deporter la guerre chez les Parthes, on lui conseilla deconsulter auparavant , sur cette entrep ise, l’oracled’Héliopolis, qui étoit fort célébré. II n’étoit pas nécel-faire de se rendre en cette ville : il suffisoit d’envoyerau temple un billet cacheté. Trajan, qui avoitplus de confiance dans ses armes que dans les ora-cles , voulut d’ubord éprouver celui d’Héliopolis.Pour cet effet, il envoya au temple un billet bien ca-cheté , mais où il n’y avoit rien. Si l’oracle lui don-noit quelque réponle , il étoit pris en défaut ; mais lachose ne tourna pas ainsi. On renvoya à Trajan uiîautre billet bien cacheté , où devoit être la réponse del’oracle ; & dans ce billet il n’y avoit rien. Trajan con-çut , par cette épreuve , un grand respect pour l’oracled’Héliopolis. II y envoya un autre billet, par lequel ildemandoits’il acheveroit heureusement la guerre, & s ilretournèrent à Rome ? Le dieu ordonna que l’on brisâten plusieurs pièces, une vigne qui étoit une des ost