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Dans le même pays, lorfqu’un malade ne reçoitaucun soulagement des remedes qu’on lui administre,& qu’on ne fçait plus quels moyens employer pourprocurer fa guérison, on consulte les dieux ; & voicide quelle maniéré. On fait fur nue planche, avecde la terre , la figure du malade , en demi-relief ; puistous les parents 6t les amis du malade se rassemblent,& font un grand festin, après lequel ils se tendentdans le lieu destiné pour la cérémonie ils formentun cercle autour de la chambre , laissant au milieu ungrand espace vuide. La lueur des flambeaux, le bruitdes tambours & des autres instruments , donnent unair de fête à cette farce ridicule. Une fille, soi-disantvierge , danse au milieu de la chambre , pendant quetous les assistants l’accompagnent par leurs chants.Après avoir fait quelques sauts ,1a danseuse, commevaincue par l’esprit qui l’agite , se jette à terre , &fait toutes les contorsions dune possédée. Sa boucheécumante, ses yeux enflammés , ne permettent pas àl’assemblée de douter qu’un génie ne se soit emparéde son co r ps. Dans cet état, quelqu’un des allìstantsl’aborde respectueusement ; lui présente quelques fruitsen maniéré d’offrande , & la prie de vouloir bien en-seigner quelque remede pour guérir le malade. Quel-quefois la fille , n’étant pas sûre de fa réponse , ditquelle ne peut parler, parce qu'il y a dans l’as-íemblée un de ses ennemis. On ne manque pas dele chasser aussi-tòt. Rybéiro remarque que c’est or-dinairement quelque Chrétien. Après l'expulfìon. dece prétendu ennemi, la prophétesse prononce, d’unton d’oracle , quels font les moyens qu’on doit em-ployer pour la guérison du malade. Souvent f'évé-nement fait voir sa fourberie; mais la fille alors nemanque pas de prétextes pour s’excuser, & dit queles allìstants n’ont pas bien compris le sens d* sesparoles. Quoi qu’il en soit, après l’oracle rendu , oafait de grands remercîments à la prophétesse, ou plu-tôt au démon qui a parlé par fa bouche. On lui con-sacre un arbre, au pied duquel on lui sert différents metscouronnés de fleurs.