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Tome troisieme.
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élus que par les évêques de leur corps. Les électeursdonnent leurs suffrages de vive voix ; mais , s’il s’élevequelque contestation fur la pluralité des voix, ou qu’ilarrive que le nombre en soit égal, alors les évêquesécrivent le nom de celui qu’ils veulent élire fur unbillet qu’ils posent sur le grand autel avec beaucoup decérémonies. Les laïques influent cependant beaucoupfur les élections ; & quelquefois même, lorsque le sujetélu par les évêques ne leur convient pas , ils ont assezde pouvoir pour en faire élire un autre. On ne ferapoint surpris de leur autorité dans cette matière, si l’onconsidéré que , dans un pays où les ecclésiastiques sontpresque tous pauvres & misérables , ce sont les richeslaïques qui avancent de l’argent pour avoir la patentedu gouverneur qui confirme sélection, & qu’on nommefirmans. Les nouveaux patriarches sont d’abord instal-lés au Caire , dans l’église de S. Macaire , ensuite àAlexandrie, dans celle de S. Marc. Le devoir de leurdignité les oblige d’annoncer, une fois tous les ans, laparole de Dieu au clergé ; mais leur ignorance &. leurincapacité semblent les dispenser de cette obligation.Ils se contentent de lire au peuple, à certains jours,des homélies & des légendes.

Nous terminerons cet article par quelques particula-rités fur les patriarches qui gouvernoient autretois l’E-glise de Russie. La superstition & l’ignoranoe des peu-ples avoient fait de ce patriarche une efpece de divi-nité , souvent redoutable aux Czars ; & , dans untemps où la religion influoit fur tout, le pouvoir de ceprélat étoit presque fans bornes. Pour donner une idéedes honneurs excessifs.qu’cn lui rendoit, nous allonscopier la description d’une cérémonie qui étoit autre-fois en usage à Moscou , telle qu’elle se trouve dansV Etat présent de la Russie, par Perry. (Le Dimanchedes Rameaux,) « on couvroit, dit cet auteur, un» cheval d’un drap de toile blanche qui pendoir jusqu’à» terre ; on allongeoit ses oreilles avec cette toile,» comme celles d’un âne ; le patriarche étoit assis dei> côté fur ce cheval, comme une femme , & avoir fur» sçs genoux un livre fur lequel il tenoit, de la main