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tience & d’application que la guérison des corps, &que l’on ne peut détruire les habitudes vicieuses quepar un long temps & par un régime très-exact. Ilsprenoient garde de ne pas désespérer les pécheurs parune dureté excessive qui leur donnât occasion de re-tourner au siécle & à la vie payenne ; mais d’ailleursils réprimoient leurs impatiences, sçachant combien estnuisible une absolution prématurée. Ils n’accordoiencîa réconciliation parfaite qu’aux larmes & au chan-gement effectif des moeurs, jamais à l’importunité ,6c beaucoup moins aux menaces. II n’étoit pas fa-cile d’intimider des prélats accoutumés à résister auxpersécutions des payens. Leur maxime fondamentaleétoit de travailler de tout leur pouvoir au salut desautres, mais de ne pas se perdre avec les incorri-gibles. Le pénitent n'avançoit donc d’un degré à 1 au-tre que par Tordre du prélat.
« Le temps seul ne décidoit pas de la pénitence;mais on l’abrégeoit s’il y en avoit quelque raison par-ticulière , comme la ferveur extraordinaire du pé-nitent, une maladie mortelle, ou une persécution;car, en ces rencontres, on avoit grand foin de neles pas laiffer mourir fans sacrements. Cette dispense,qui abrégeoit la pénitence régulière , s’appelloit indul-gence ; & , pendant les persécutions, on l’accordoitiouvent aux prières des confesseurs prisonniers ouexilés. Si le pénitent mouroit pendant le cours de fa pé-nitence , avant que d’avoir reçu l’absolution, on nelatssoit pas d’avoir bonne opinion de son salut. Onprioit pour lui, & l’on offroit le saint sacrifice pourle repos de son ame.
Quand l’évêque jugeoit à propos de finir entière-ment la pénitence, il le fassoit d’ordinaire à la fin ducarême, afin que le pénitent recommençât à participeraux sai.its Mystcres, à la fête de Pâques. Le Jeudisaint, les pénitents se présentoient à la porte de l’église.Le prélat, après avoir fait pour eux plusieurs prières ,lesfaisoit rentrer, à la sollicitation de l’archidiacre quilui représentoit que c’étoitun temps propreà la clémen-ce , & qu’il étoit juste que l’Egliíe reçût les brebis éga-C. R. Tome III, N