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Une sois au rang des pénitents , quoiqu’ils eussent étéabsous & réconciliés , n’étoient plus capables de re-cevoir les ordres , ni d’ctre élevés à aucun ministèreecclésiastique; & si un prêtre ou un clerc commettoitun péché qui méritât pénitence publique, il perdaitnon-íeulement son rang, c’est-à-dire qu’il étoit inter-dit pour toujours de ses fonctions Sí réduit à l’état deslaïques, mais on ne lui imposoit point d’autre péni-tence, pour ne le pas punir deux fois, & pour la ré-vérence du sacrement d’Ordre.
Si quelqu’un s’étonne de cette ancienne discipline *qu’il considéré qu’alors les péchés dignes de telles pé-nitences ctoient rares parmi les Chrétiens. Comme lesgens d’honneur, bien élevés & bien établis dans lemonde , ne font gueres de ces crimes qui attirent lavengeance des loix & l’infamie du lupplice ; aussi n’ar-rivoit-il pas souvent que des Chrétiens si bien choisis& si bien instruits, commissent des adultérés, des homi-cides , & d’autres crimes dignes de mort. »
Cette rigoureuse discipline subsista long-temps dansl’Eglise , & s’observa même plus exactement lorsqueles persécutions eurent cessé; mais on fut seulementalors plus facile à accorder la communion aux mou-rants. Personne n’étoit exempt de la pénitence. Lerang ni la naissance ne pouvoient en dispenser. Lesprinces y étoient sujets comme les particuliers. Aumilieu du troisième siécle , l’empereur Philippe se sou-mit à la pénitence; & l’Eglise se rappelle encore avecjoie l’exemple du grand Théodose.
La rigueur des pénitences canoniques à dû néces-sairement s’affoiblir , lorsque l’esprit de ferveur & depiété a commencé à diminuer parmi les Chrétiens.Pour imposer la pénitence , il falloir que le pécheurla demandât, ou du moins qu’il s’y soumît. 11 falloitdonc qu’il confessât son péché , soit en venant le dé-noncer lui-même , soit en acquiesçant à ceux qui l’ac-cusoient. Cela supposoit qu’il avoir un vif regret de safaute , & un désir sincere de l’expier. Mais, lorsqueles Chrétiens commenceront à perdre cette horreursalutaire du péché , qui étoit le fondement de la péni-