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tence, on les vit rester tranquilles après les plus grandscrimes , fans s’embarrasser de la punition qu’ils méri-toient. Le relâchement général fit paroìtre trop sévè-res des peines qui, dans les premiers siécles , avoientsemblé légeres en comparaison du péché. L’Eglise ,forcée de condescendre à la foiblesse de ses enfants,toléra les adoucissements qui s’introduisirent dans lapénitence. Ce fut vers le septième siécle que la ri-gueur des canons pénitentiaux commença de se re-lâcher. On ne fit plus de pénitence publique que pourles crimes publics, encore en modéra-t-on beaucoupla sévérité. Dans les siécles suivants, l’usage s’éta-blit de commuer les peines canoniques en d’autresœuvres satisfactoires plus faciles, comme des aumô-nes , des prières , &c. S. Pierre Damien parle d’uneautre forte de commutation communément reçue deson temps. Par exemple, il nous apprend que troismille coups de discipline pouvoient racheter une annéede pénitences ordinaires ; &, comme il avoit sup-puté que dix pseaumes chantés en se flagellant con-tinuellement faisoient mille coups , il se trouvoit, parion calcul, que tout le pl'eautier récité en se donnantla discipline valoit cinq ans de pénitence. Comme,en vertu de la communion des saints, nous sçavonsque Dieu pardonne quelquefois aux pécheurs, en vuedes prières ou des bonnes œuvres de leurs freres,il y avoit des saints en ce temps-là qui se consacroientà la pénitence pour les autres. Le plus illustre fut S.Dominique Loricat, ou le Cuirastë, ainsi nommé,parce qu’il portoit fur fa chair une chemise de maille,qu'il ne dépouilloit que pour se donner la disci-pline.
Entre les œuvres pénales qui tenoient lieu de péni-tence canonique, une des plus usitées étoit le pèle-rinage aux lieux célébrés de dévotion , comme à Jé-ruía.em, à Rome , à Tours, à Compostelle. Vinrentensuite les croisades , qui étoier.t de véritables pèle-rinages , mais qui furent, selon le sentiment de M.Fleury, la principale cause de relâchement de la pé-nitence, parce que ce fut alors que commença l’in-