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Tome troisieme.
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inouïes que l’on a exercées fur les premiers Chrétiens.

Plusieurs causes concouroient à rendre les Chrétiensodieux & méprisables aux payens. Les calomnies quel’on débitoit au sujet de leurs assemblées secrettes, &dont nous avons parlé à l’article Mystères, quelqu’ab-surdes qu’elles fussent en effet, étoient accréditées parmile peuple : les discours qu’ils tenoient fur la vanité desgrandeurs temporelles, fur la fin du monde, fur le juge-ment, les faisoient regarder comme les ennemis du genrehumain. On voyoit qu’ils ne prenoient aucune part auxréjouissances publiques, qu’ils s’affligeoient & faisoientpénitence pendant ces jours, tandis qu’ils se réjouis-ibient dans les temps que la superstition payenne re-gardoit comme malheureux : sur cette conduite, on ju-geoit qu’ils desiroient la ruine del’empire, qu’ils s’affli-geoient de fa prospérité , & se réjouissaient de ses re-vers. Comme on ne leur voyoit ni autels , ni sacrificessanglants, ni statues, on les regardoit comme des athées& des impies qui détestaient toutes les religions & n’enavoient aucune. Les ministres des idoles attribuaientà l’impiété prétendue des Chrétiens toutes les calamitésqui survenaient dans l’empire, & animaient le peuple àles détruire comme autant d’ennemis des dieux : les ver-tus mêmes des Chrétiens passaient pour des crimes. Ontraitait leur charité mutuelle de conjuration odieuse.On empoisonnait par des interprétations infâmes lesnoms de frere &c de sœur qu’ils fe donnaient. On voiten effet, dans Pétrone, l’horribleabus que faisoient lespayens de ces noms consacrés par la nature. On neregardait les abondantes aumônes qu’ils répandaient,que comme un moyen de séduire les pauvres & deles attirer à leur parti. On attribuait aux prestiges del’art magique leurs miracles les plus éclatants, dans untemps fur-tout où l’empire étoit plein de magiciens,d’enchanteurs , de devins & de charlatans.

Ce n’étoit pas seulement le peuple qui haïssait lesChrétiens ; les gens éclairés , ôí ceux qui entraient enque'que examen, les regardaient, sinon comme des scé-lérats , du moins comme des fous & des insensés opiniâ-tres. Ils étoient accoutumés à mépriser les autres peu-