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leurs âmes leur paroissoit préférable aux richesses»
11 étoit défendu par les réglés de FEglife de provo-quer les persécutions par un zele indiscret, & de ne faireaucune aéfion capable d'irriter les payens, comme debriser leurs idoles , de s’emporter en invectives contreleurs dieux, de se moquer publiquement de leurs supers-titions & de mettre le feu à leurs temples. Si quelquessaints ont fait des choses semblables, il faut attribuerces exemples singuliers à des inspirations particulièresde Dieu : mais en général il étoit défendu de tenterDieu , & d’aller se dénoncer soi-même ; il suffisoit desoutenir courageusement sa foi, lorsqu’on étoit juridi-quement cité pour en rendre compte.
Lorsqu’unChrétien é.oit pris, il étoit aussi-tôt con-duit devant le magistrat, lequel assis fur ion tribunall’interrogeoit selon la forme ordinaire de la justice. Si leChrétien renioit sa foi, on n en demandoit pas ordi-nairement davantage , & on le renvoyois, parce qu’onétoit sûr que les véritab es Chrétiens ne nioient jamaisleur croyance; cependant on l’obligeoit quelquefois defaire fur le champ quelque acte d’idoiatrie, ou de pro-noncer quelque parole injurieuse contre J. C. S’il con-fessoit qu’il fût Chrétien , on s’efforçoit de vaincre faconstance , premièrement par Ta persuasion & par lespromesses, puis par les menaces, & enfin par les tour-ments. On tàchoit de le surprendre & de lui faire com-mettre quelque impiété , même involontaire , asm de luipersuader qu’il ne pouvoit plus s’en dédire. Comme lejugement le faisoit dans la place publiqueil y avoirtoujours quelqu’idole & quelqu’autel. On y ossroit desvictimes en leur présence, & l’on s’efforçoit de leuren taire manger, jusqu’à leur ouvrir la bouche pour yporter quelque morceau de chair, du moins quelquegoutte de vin offert aux dieux ; Sí, quoique les Chrétiensfussent bien instruits que ce n’est pas ce qui entre dans labouche , mais ce qui fort du cœur , qui rend l’hommeimpur, iis ne laissoient pas de faire tous leurs effortspour ne pas donner le moindre scandale aux foibles. IIs’en est trouvé qui se sont laissé brûler la main, y te-nant lòng-teinps des charbons ardents avec de l’en-
cens,