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Tome troisieme.
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ont ordinairement quarante ou cinquante femmes à lafois : les riches & les grands en entretiennent quatreou cinq cents, & quelquefois mille : on en compte dansle sérail du roi jusqu’à quatre à cinq mille. On voit com-munément dans ce pays des familles composées de deux 1cents enfants : quelquefois il naît à un homme six en-fants dans le même jour.

4. Les Siamois font persuadés qu’une feule femme doitsuffire à un honnête homme ; & si, sur cet article commedans plusieurs autres, ils agissent contre leurs sentiments,c’est qu’ils fe laissent entraîner par différentes passions,mais iur-tout par l’orgueil Le f incontinence, deux vicesqui ne font pas rares parmi les Siamois. Au reste, quoi-qu’ils aient plusieurs femmes, il y en a cependant toujoursune qui jouit feule de tous les droits d'épouse, & qu’onnomme la grande femme. Les autres ne font regardéesque comme des esclaves, & le font en effet, puisque lemari les achette : on les appelle les petites femmes.Leurs enfants font esclaves comme elles : ils donnent tou-jours à leur pere le nom de feigneur-pere, titre qui mar-que leur esclavage , & qui les distingue des enfants dela grande femme, qui ne fe servent jamais que du seulnom de pere. Ils n’ont aucune part à l’héritage de leurpere, & peuvent être vendus comme esclaves par leshéritiers, qui font ordinairement les enfants de la grandefemme. 11 en est de même des petites femmes , lorf-qu’elles survivent à leurs maris. L’époux dans fa familleexerce un empire despotique ; il peut vendre ses enfants& ses femmes , àl’exception cependant de la grandefemme , qu’il lui est seulement permis de répudier : maisil ne peut jamais ôter la vie ni à lés enfants ni à ses fem-mes , parce que c’est une loi générale dans le royaumede Siam , de ne rien tuer. 11 faut en excepter le casd’aduhere, où le mari peut tuer fa femme.

5. Les Chinois peuvent avoir plusieurs femmes , maisil njy en a qu’une feule légitime, à laquelle les autres fontsoumises. II en est ainsi dans presque tous les pays oùla Polygamie est permise. A la Chine, tous les enfantsdes concubines appartiennent à la femme légitime : ilsrappellent leur mere, & ne donnent ce nom qu’à elle