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Tome troisieme.
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tlPAT.) Quoique l’institut des Talapoins leur défendede fe mêler absolument des affaires d Etat, cependantles Sancrats prennent quelquefois la liberté de faire desremontrances au roi, lorfqu’il traite le peuple avec tropde rigueur. Mais leurs représentations ne produisent or-dinairement aucun effet. Chaou-Naraye , roi de Siam,qui commença à régner vers l’an 1656, fe vengeaun jour plaisamment de la hardiesse d’un Sancrat quilui repréfentoit vivement que les Siamois ne pou-voient supporter son excessive sévérité. II feignit d’é-couter fort tranquillement son avis. Mais, quelquesjours après ,ii lui envoya un gros singe , lui enjoignantde le garder dans fa maison, d’en avoir bien soin,& de le laisser faire tout ce qu’il voudroit. Le singe ,un des plus méchants de Ion efpece, exerça de fu-rieux dégâts dans la maison de son hôte. 11 brisa &salit tous les m- ubles. II fit porter des marques de faméchanceté à plusieurs de ceux qui venoient visiterle Sancrat, & au Sancrat lui-même. Enfin le malheu-reux moine, ne pouvant plus résilier aux espiègleriescontinuelles de son pensionnaire, alla trouver le roi,& le supplia instamment de vouloir bien le délivrerde cet animal incommode. Le monarque, charmédu succès de fa ruse, lui répondit d’un ton févere :« Comment ! vous ne pouvez souffrir pendant quel-» ques jours les folies d’un seul singe; & vous pré-» tendez que je supporte continuellement l’insolencen & la méchanceté d un peuple qui surpasse les singes„ en malice ! Allez , & soyez períuadé qu’autant que» je fuis févere envers les méchants, autant je fuis5» doux & libéral envers les bons. »

SANCTUAIRE, ou Saint des Saints. C’étoitle lieu, chez les Juifs, où étoit placée l’arche d’al-liance, dans le tabernacle, & ensuite dans le templede Salomon. Le sanctuaire du tabernacle avoir dixcoudées en quarté : celui du temple de Salomon étoitplus grand de moitié. Ce prince magnifique avoit faitrevêtir l’intérieur de ce lieu redoutable de lames d’orattachées avec des clous d’or, dont chacun pefoit cin-quante ûcles, e’est-à-dire une livre neuf onces. Le