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serpents de même espece extermineroient le meurtrieravec toute sa famille. Si cependant un de ces serpentsa mordu quelqu’un , ou causé quelque dégât, la per-sonne lésée peut aller porter sa plainte aux enchanteurs& sorciers du pays , qui , par la force de leurs char-mes , contraignent le serpent coupable de comparoîtreà leur tribunal , le tancent fortement, & lui font degrandes menaces , s’il retombe à l’avenir en pareillefaute.
7. La plupart des Negres croient encore aujourd’huique les âmes des hommes qui ont bien vécu , entrentdans le corps des serpents.
Le culte du serpent est le plus célébré & le plus ac-crédité dans le pays. On ignore quelle en est l’origine.Les Negres racontent que ce serpent, ne pouvant sup-porter la méchanceté des habitants du pays où il de-meuroit, il le quitta pour venir habiter parmi eux ;qu’ils le reçurent avec les plus grands honneurs , l’en-velopperent dans un tapis de foie, & le porterent dansun temple. On lui bâtit exprès une très-belle maison ;on institua des prêtres pour avoir foin de lui ; & l’onconsacra à son service les plus belles filles du pays. Cequ’on peut dire de plus certain fur l’origine de ce dieuprétendu , c’est qu’d est venu du royaume d’Ardra. Latête de ce serpent est grosse & presque ronde ; il a lesyeux doux & bien ouverts , la langue courte & poin-tue. 11 ne la darde pas avec beaucoup de vitesse, si cen’est quand il combat quelque serpent d’une autre es-pece. Sa queue est mince & pointue comme un dard ;le fond de sa peau est un blanc sale, bigarré de mar-ques jaunes, bleues & brunes. Les plus grands ontenviron une brasse de long , & font de la grosseur dubras. Les serpents de cette espece n’ont aucun venin ;ils souffrent volontiers qu’on les caresse , & l’on peutbadiner avec eux fans crainte. Les Negres regardentmême leur morsure comme un préservatif contre celledes autres serpents. On les distingue aisément des ser-pents venimeux , dont la couleur est fort différente. IIy a une haine naturelle entre les serpents des deuxefpeces ; & ils ne s’apperçoivent pas plutôt, qu’ils s'é-