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Tome troisieme.
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lancent l'un contre l’autre. La chair des rats est le mets fa*vori des ierpents bienfaisants. Ils n’ont pas moins d’ardeurque les chats pour courir après ces animaux , mais ilsn’ont pas la même agilité. Lorsqu'ils font parvenus à enattraper un , ils ont beaucoup de peine à expédier leurproie, leur gueule étant fort étroite ; & souvent ilsfont plus d’une heure fans pouvoir en venir à bout. De-puis l’arrivée du premier serpent dans le pays , cetterace s’est prodigieusement multipliée ; mais dans cegrand nombre de serpents, qui font tous fort respeilés,il y en a un qu’on regarde comme le chef, & auquelon rend des honneurs particuliers. Le peuple pense quec’est le même qui a été trouvé & divinisé par leurs an-cêtres. Ils le regardent comme le pere de toute cetteefpece de serpents qui est répandue ; mais il y a long-temps que ce premier serpent est mort. Les ptêtres,pour ne pas diminuer la vénération du peuple , lui enont adroitement substitué un autre de même taille. Cechef des serpents , quel qu’il soit, jouit dans le paysd’un fort fort heureux. II est logé magnifiquement , &nourri des mets les plus exquis. Le roi lui envoie sou-vent des présents très-riches, de l’or , de l’argent, desétoffes, qui font pour ces prêtres un revenu considé-rable. Le roi de Fida, pays voisin , venoit autrefois enpersonne rendre ses hommages à cet heureux serpent,auquel il offroit les dons les plus rares & les plus pré-cieux ; mais, au rapport du voyageur Bosman , le roiqui régnoit au commencement de ce siécle, excédé desfrais immenses de ce pèlerinage, a jugé à propos de s’endispenser.

Les prêtres du serpent sont venus à bout de persuaderau peuple que le grand serpent & ses confrères ontcoutume de guetter, au printemps , fur le soir , lesjeunes filles ; qu’ils s’élancent fur celles qu’i's apperçoi-vent, & , par leur attouchement, leur font perdre laraison. II y a une maison établie exprès , où l’on en-voie les filles devenues folles , faire un séjour de quel-ques mois, jusqu’à ce quelles aient recouvré leur bon-fens. Les parents font obligés de leur payer une pen-sion proportionnée à leurs facultés. La grande quantité