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de leur religion , iis ne pouvoient pas le faire condam-ner publiquement ; mais ils trouvèrent !e moyen desatisfaire leur vengeance , en lui faisant donner secret-tement du poison.
Ces serpents sont tellement respectés dans Je pays,'qu’un Negre qui leur feroit le moindre mal feroit punide mort. Les Européens font même obligés , pour leursûreté, de s’accommoder en ce point aux idées po-pulaires. Un capitaine Angloìs, ayant débarqué à Fidg,avec quelques gens de son équipage, ne fe fit aucunscrupule de tuer un de ces serpents, qui s’étoit glissédans fa maison , & le jetta ensuite par la fenêtre sansprécaution. Le lendemain , les Negres ayant apperçuun de leurs dieux étendu mort, ne songèrent qu’à levenger, 8c firent les plus exactes perquisitions desauteurs du crime. Les Anglois qui n’en fçavoient pasles conséquences , avouèrent franchement qu’ils avoienttué le serpent. Aufli-tôt le peuple, transporté de fureur,se jetta sur eux , les massacra tous, 8c brûla leurs mai-sons avec les marchandises qui s’y trouvèrent. S’il ar-rive même que d’autres animaux fassent du mal à cesserpents, ils ne sont pas à l’abri de la punition. Ert1697, un serpent ayant mordu un cochon, celui-ci,sans respect pour la divinité, écrasa son ennemi sousses dents, Sc le dévora. L’attentat du cochon excitaune grande rumeur parmi les prêtres. Ils porterent autribunal du roi cette affaire importante ; & le monar-que , à leur requête, fit publier un édit par lequeltous les cochons du pays étoient condamnés à mort.Les habitants s’armerent aufli-tôt pour venger leursdieux, & firent un affreux carnage de tous les cochonsqu’ils rencontrèrent.
A l’abri de la dévotion des peuples , les serpents femultiplient prodigieusement dans le pays ; Sc ils sonten si grand nombre , qu’il n’y a point d’endroit où l’onn’en trouve. Les maisons en font remplies : les meu-bles en sont couverts. 11s fe couchent souvent fur leslits ; 8c les habitants se feroient un scrupule de les enchasser. Ils y demeurent quelquefois plusieurs jours,& y font même leurs petits. Bofman rapporte qu’un