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Tome troisieme.
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coup que la secte des Siutos soit aussi estimée au Japon,que celle des Lettrés l’est à la Chine. Son éloignementpour les usages communs de la nation, la rend odieuse& suspecte au gouvernement. Quoique la doctrine desSiutos semble leur interdire tout culte religieux , ilsfont obligés cependant de se plier extérieurement àcertains usages universellement reçus , pour ne pas ir-riter les esprits par une singularité trop marquée. Ilssont bien déchus, sur-tout depuis que le Christianisme aété entièrement aboli au Japon. Cette circonstance aréveillé l’animosité du gouvernement Japonois contreune secte qui du moins a cela de commun avec leChristianisme , qu’elle proscrit & condamne l’idolatrie& la superstition, si cheres aux peuples du Japon. 11 aété ordonné, par un édit exprès , à tous les Siutos d'a-voir, chacun dans leur maison , une divinité tutélaire,entourée de parfums & de vases pleins de fleurs, commecela se pratique au Japon. La fiere raison des Siutos aplié sous l’autorité. Qwanou ou Amida sont les dieuxque choisissent communément ceux de cette secte.

Krempfer, auteur Allemand, dont nous avons pres-que tiré tout ce qui concerne les différentes sectes daJapon, rapporte , au sujet de ledit porté contre lesSiutos , un trait qui prouve bien que la superstition estpuissamment soutenue & protégée au Japon. Un princetributaire de cet empire engagea, par ses présents &par ses promesses , un grand nombre de sçavants & dephilosophes à venir fixer leur séjour dans ses Etats. IIse promettoit, avec leurs secours , d’en bannir entiè-rement l’idolatrie , & d’y faite triompher la doctrinesage & raisonnable de Confucius. Déja ses sujets , ins-truits & éclairés par d’habiles maîtres , commençoientà découvrir l’absurdité & l’extravagance des fables dontjusqu’alors les prêtres les avoient bercés, lorsque lesBonzes & tous les ministres de la superstition prirentl’alarme , & résolurent de s’opposer à un projet quialloit ruiner leur fortune & leur crédit. Le prince futaccusé d’impiété au tribunal de l’einpereur ; & sa morteût été le prix de la sage réforme qu’il vouloir établir,s’il n’eût évité ce triste sort, en remettant à son fils legouvernement de ses Etats.