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que qui le fit mourir à Page de quatre-vingts ans. Samort fut singulière , comme l’avoit été fa naissance ;car on dit qu’il disparut tout-à-coup, semblable à uneétincelle qui s'évanouit dans l’air.
Le P. Tachard raconte différemment la mort de cefameux personnage, quoiqu’il en attribue toujours lacause à un cochon. II dit qu’un monstre auquel Som-mona-Codom avoit autrefois ôté la vie, étant revenulur la terre , fous la forme d’un cochon, courut unjour en furie contre Sommona-Codom, alors tranquil-lement assis avec (es disciples. Le saint reconnut aussi-tôt son ancien ennemi, ik jugea, par ce présage , que samort n’étoit pas éloignée : il l’annonça même à ses disci-ples. La prédiction fe trouva véritable. Quelque tempsaprès, ayant mangé de la chair de ce même cochon , ilen mourut. Avant de quitter le monde, il recommandaà ses disciples de lui ériger des statues, & de bâtir destemples en ion honneur ; & , pour que les hommesconservassent quelques marques qui les si fient souvenirde lui, il laissa les traces de ses pieds empreintes à Siam,dans le Pégu & dans l’iile de Ceylan. Ces lieux, oùse trouvent ces vestiges réputés sacrés, font devenusfameux par la dévotion des peuples, qui, de tous cô-tés, y vont en pèlerinage.
Les Siamois prétendent que Sommona-Codom, de-puis fa mort, est dans le suprême degré de la félicité,qu’ils appellent Nireupan , & qu’il est comme anéantidans son bonheur. (Voye{, à l’article Nireupan,l’explication de ce terme. ) Parmi les disciples de Som-mona-Codom , on en distingue deux plus célébrés queles autres par leurs vertus & par leur sainteté. Le pre-mier , nommé Pra Mogla , est placé dans les templesà la droite de Sommona-Codom , mais derriere lui ; lesecond, nommé Pra Saribout , est placé à sa gauche.Sommona-Codom est presque le seul objet du culte desSiamois ; c’est à lui que s’adressent toutes leurs prières :c’est lui qu’ils invoquent dans tous leurs besoins. 11sfont persuadés que son pouvoir est restreint aux seulsSiamois, & qu’il n’a aucune autorité fur les autrespeuples.