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n’òublient pas leurs fétiches dans une occasion ausliimportante ; ils se munissent particulièrement d’un col-lier de verdure fort gros & fort épais , avec lequel ils fecroient invulnérables.
Les Negres qui habitent les pays intérieurs de laGuinée sont fort superstitieux : ils ont des jours heureuxou malheureux qui fervent de réglé à. leur conduite.Ils ont une extrême frayeur des sorciers , & leur attri-buent toutes les calamités qui leur arrivent. Un voya-geur qui s est trouvé dans leur pays, dans le temps qu’ily régnois une maladie épidémique , rappoite que cesNegres étoient vivement persuadés que les sorciersavoient corrompu l’air par leurs conjurations , & quetous ceux qui meuroient , étoient les victimes de leursenchantements. II n’y en eut qu’un seul dont ils n’attri-buerent pas la mott à l’art des magiciens : ils direntque Dieu l’avoit puni, parce qu’il avoít violé un voeuqu’il avoir fait. La superstition la plus générale & laplus accréditée parmi ces Negres , est celle des Gris-gris. Voye^ Gris-gris,
45. Rien de plus bizarre & de plus superstitieux quela maniéré dont élisent leur roi les sauvages qui habi-tent le canton de Zender, en Ethiopie. Après la mortdu roi, les principaux seigneurs de la nation se trans-portent dans les bois : c’est là qu’ils prétendent trou-ver le successeur de leur monarque. Ils se le représententcomme un enchanteur , qui, par la puissance de sescharmes, est supposé apprivoiser les bêtes sauvages 8ívivre dans leur compagnie. C’est un aigle qui conduitleurs pas ; & le premier homme qui s’ost're à leursyeux , est le roi qu’ils choisissent. Si , lorsqu’ils l’apper-çoivent, l’aigle jette des cris, c’est l’uíage parmi cessauvages que le nouveau roi fasse bien des façons 8crefuse d’accepter la dignité royale : sa résistance estmême poussée si loin , qu’il se bat, à toute outrance,contre ceux qui veulent l’élever sur le trône ; maismalheur à lui, s’il reçoit quelque blessure dans le com-bat ! Dès-lors son élection devient nulle ; il est mêmepermis, en ce cas, à (es nouveaux sujets de le tuer.Après un combat opiniâtre, lorsqu’il est enfin obligé