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Tome troisieme.
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de céder à la force, les Grands de la nation Remmè-nent avec eux pour le couronner solemnellement jmais il est assailli fur la route par tous ceux qui le ren-contrent. Chacun cherche à l’enlever pour le placerfur le trône : ce qui > parmi ces sauvages , est regardécomme un honneur.

46. Le siécle des Mexicains étoit composé de cin-quante-deux années. A la fin de chaque siécle , le jourqui terminoit cette révolution d’années, étoit pour euxun jour de terreur 6c d’épouvante, parce qu’ils s’íma-ginoient que le monde périroit à la fin de quelqu’unede ces révolutions ; 6c , comme ils ne sçavoient paslaquelle devoit être la derniere , chaque fois que lesiécle finissoit, ils passoient la journée dans une cruelleattente de la catastrophe qu’ils croyoient devoir arri-ver. Toutes les villes retentissoient de cris & de gémis-sements. Les habitants couroient çà 8c là comme desinsensés, pensant à chaque moment être ensevelis fousles ruines du monde : ils brisoient tous leurs meubles& leurs ustensiles , dont ils n’efpéroient plus faire dé-formais aucun usage. Tous les feux étoient éteints, ôtla désolation étoit universelle. » La plupart se mettoient« à genoux sur le toit de leurs maisons , dit l’auteur dejj la Conquête du Mexique , le visage tourné du côté de» l’orient , pour voir si le soleil recommenceroit son» cours, ou si la fin du monde étoit venue. » Dès qu’ilsappercevoient cet astre qui leur garantiffoit encore ladurée du monde pour un siécle, ils le saluoíent parmille cris de joie. L’alégresse étoit aussi vive, que latristesse avoit été profonde. Ce n’étoit, dans toute l’é-tendue de l’empire , que danses , que festins , que ré-jouissances de toute espece. Chacun réparoit de sonmieux le désordre de son ménage. Les prêtres allumoientdu feu nouveau dans les temples, en frottant deuxmorceaux de bois sec l’un contre l’aurre. Us enfaisoientensuite la distribution au peuple.

47. Les sauvages du Canada , étonnés de la subtilitéde certains animaux , tels que l’élan , le castor , sepersuadent qu’ils ont une ame raisonnable. Après leurmort, ils leur rendent avec beaucoup de respect les