Band 
Tome troisieme.
Seite
645
JPEG-Download
 

J*-[S U P645

devoirs funèbres, parce qu’ils pensent que les âmes deces animaux reviennent pour examiner si l’on a foinde leurs corps ; & , si elles s’apperçoivent qu’on les né-glige , elles en donnent avis à tous les animaux de lamême espece, soit morts , soit vivants , lesquels , pourpunir la négligence des hommes, ne veulent plus selaisser prendre par eux, ni dans ce monde, ni dansl’autre.

Les mêmes peuples, au rapport du P. Hennequin ,portent toujours avec eux un corbeau décharné , ou bienun hibou , une coquille de mer , un os , ou quelqu’autrechose de cette nature , qu’ils appellent leur esprit fa-milier , & à qui ils attribuent tout pouvoir sur leur vie.

48. Lorsque les Iroquois & les‘peuples du Missiffipïse disposent à aller chasser les taureaux sauvages , ilsdépêchent cinq ou six d’entr’eux pour reconnoître leslieux où se doit faire la chasse. Les députés , étant arri-vés , dansent la danse du calumet, & reviennent en-suite rendre compte de leur course. Alors on étale enpublic des chaudières parées de plumes ; & , pendanttrois jours que dure cet étalage , il se fait une processionsingulière. On voir d’abord marcher un vieillard qui porteun morceau de toile, aussi gravement que si c’étoit unmagnifique drapeau : il est suivi d’une vieille, considé-rable dans le pays , qui porte fur le dos une chaudière.Après elle, viennent les chasseurs en très-grand nom-bre. « Le vieillard ( Coryphée) , dit le P. Hennequin ,» témoin oculaire de cette procession , fait faire trois ou» quatre fois halte aux chasseurs ou guerriers, pour pleu-» rer amèrement la mort des taureaux qu’ils esperent» de tuer. A la derniere pause, les anciens de la troupej» envoient deux des plus habiles chasseurs à la décou-» verte des taureaux sauvages. „ Ceux-ci étant de re-tour , font leur rapport secrettement aux anciens, quileur présentent le calumet, avec du feu nouveau alluméavec de la fiente de taureau séchée au soleil. Après queles chasseurs ont fumé , tout se dispose pour la chasse.

49. Les sauvages de la baie de Hudson, sont per-suadés que lorsqu’ils meurent dans un âge extrêmementavancé , ils jouissent dans l’autre vie d’une jeunesse