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& les artisans travaillent à l’ordinaire. Ils ne font pasplus scrupuleux leurs autres jours de fête. Quant à l’ins-titution du vendredi, les uns l’attribuent à l’entrée deMahomet dans Médine , à pareil jour ; les autres ( 8cc’est le sentiment le plus probable) prétendent qu’an-ciennement ce jour étoit consacré chez les Arabes pourleurs assemblées solemnelles, & que Mahomet ne vou-lut rien changer à cet usage.
Vendredi joint. Ce jour passe chez tous les Chrétienspour le plus lugubre de l’année. L’Eglise est plongéedans la plus amere douleur : les murs des temples saintsfont tendus en noir : les ornements des autels & desprêtres font de même couleur. La messe se célébré avecun air de tristesse capable d'en inspirer aux plus insensi-bles. On y fait I’Adoration de la Croix. Lediacre y chante la passion , pieds nus ; & quand il està ces paroles, « Ayant baissé la tête, il rendit l’esprit, i>alors tout le clergé , tout le peuple, & lui-même , seprosternent en terre, & la baisent trois fois. Le célé-brant communie avec l’hostie qu’il a portée au tombeaula veille , & qu’il va reprendre en procession.
Le jeûne du vendredi saint est des plus tristes & desplus rigoureux. Les Chrétiens les plus exacts s’abstien-nent de manger, ce jour-là, des oeufs , du lait, dubeurre, du fromage, en général, de tout ce qui pro-vient des animaux dont il n’est pas permis de mangerla chair en carême, & se contentent de quelques raci-nes ou légumes. Dans les maisons religieuses bien ré-glées, on ne fait qu’un seul repas ; encore s’y borne-t-on au pain & à l’eau. Quelques Chrétiens ne man-gent pas même de tout le jour. Ils l’emploient tout en-tier à la priere , à la méditation , à chanter i’office di-vin ; & se feroient même un scrupule de se permettrele plus léger amusement. Dans plusieurs pays, en Por-tugal, à Courtrai, à Bruxelles, à Rome même, il sefait des processions dont plusieurs font fort ridicules &contraires à l’esprit de l’Eglise. Voye ç Procession.
VÉNUS , l’une des principales divinités du Paganis-me , présidoit aux plaisirs & aux amours. Si l’on encroît les poètes, Saturne ayant mutilé le Ciel son pere»
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