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Tome troisieme.
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troduisit le culte de Vénus , lui fit élever des temples ,& lui consacra des prêtres.

Vénus étoit honorée à Babylone, fous le nom deMylìtt-i. Chaque femme Babylonienne étoit obligée dese prostituer, une fois dans fa vie, à quelque étran-ger , en l’honneur de cette déesse. Elles fe paroientavec tout le foin possible , & fe rendoient auprès dutemple de Vénus, portant fur la tête une couronne defleurs. Les riches & grandes dames, accompagnéesd’une foule de domestiques, attendoient les chalandsdans leurs voitures. Les autres formoient plusieurs rangs,entre lesquels les étrangers passoient pour les examinerplus à leur aise, & faire un choix. Quelques-unes fetendent à la porte du temple. Lorfqu’un étranger choi-flssoit une de ces femmes , il lui jettoit une piece d’ar-gent dans le sein , en disant : « j’implore pour vous,, la déesse Mylitta. » Quelque peu considérable que fûtcette piece d’argent, elle étoit regardée comme sa-crée ; & la femme à qui elle étoit ofterte , ne pouvoirla refuser. Dès qu’elle l’avoit reçue , elle devoir fe prê-ter de bonne grâce aux désirs de l’étranger, & n’avoitpas plus de droit de refuser sa personne, que son argent.Après qu’elle avoir rempli ce que la loi lui prescrivoit,l’étranger fai'oit pour elle une priere à la déesse : priere,sans doute , plus ou moins affectueuse, selon qu’il avoirété plus ou moins content de la Belle. lisse séparoientensuite. Alors, ayant accompli l’expiation ordonnée parVénus , elle s’en retournoit chez elle , bien ou mal sa-tisfaite de l’étranger.

Cette loi, si l’on met à part les réglés de la pudeur,'n’étoit pas fort onéreuse aux personnes belles ou jolies :elles n’avoient pas besoin d’étaler long-temps pourtrouver un heureux débit. Mais les laides n’avoient paslieu d’en être aussi contentes : il y en avoir qui restoienttrois ou quatre ans en espalier, avant que le momentfavorable d’obéir à la loi se présentât. N’étoienr-ellespas efT droit de maudire une dévotion qu’il ne leur étoitpas libre de remplir? Et quand enfin ce moment arri-voit , les dédommageoit-il de l’ennui de l’attente ? Aureste, on ne lç trompera peut-être pas, si l’on pense