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de celui d’Antoine. Auguste leur confia auísi ses der-nieres volontés , quelles porterent elles-mêmes au sé-nat , après fa mort.
L’habillement de ces prêtresses, distingué de celuides autres femmes , n’avoit rien de trop lugubre ni detrop austere. Leur coëffure, ainsi qu’on le voit dansquelques médailles, étoit composée de bandelettes quifaisoient plusieurs tours autour de leur tête. Elles por-toient des robes blanches , avec une espece de rocherde la même couleur. Leur manteau étoit couleur depourpre. II leur tomboit sur une épaule, & leurlaiffoitl’autre bras demi-nu. Leurs vêtements furent très-sim-ples dans les commencements, parce que Numa , enles dotant des deniers publics, n’avoit pu songer à lesenrichir. Mais, dans la fuite , elles acquirent d’immensesrevenus , grâces aux pieuses libéralités de plusieurs il-lustres Romains ; 8í alors tout changea de face. Ellessubstituèrent à leur premiere simplité le luxe le plus re-cherché. Elle emplcyerent, pour fe faire des robes , lesétoffes les p us précieuses. Elles laisterent croître leurscheveux qu'elles avoient coupés d’abord , & leur don-nèrent tous les ornements de l’art. Leurs litières devin-rent superbes. On les vit promener le faste dans lesrues , marcher au Capitole , dans un char magnifique,environnées d une foule de femmes & d’el'claves.
Les spectacles ne leur étoient point interdits. EllesatTistoient librement à tous les jeux. Auguste leur donnamême un banc séparé au théâtre, en face de £elui dupréteur. Ce lieu étoit sans doute le plus distingué,puisque le sénat crut honorer Livie, en lui assignantUne place dans le banc des Vestales.
Cet ordre célébré fe maintint long-temps dans unétat de lustre & de splendeur. 11 étoit à son plus haut«légre d’éiévation , fous les empereurs. II subsista quel-que temps encore fous les princes Chrétiens ; mais iltouchoit à fa décadence. Ce qu’il y a de remarquable ,c’est qu’on ne voit point que le relâchement fe soit glisséparmi les Vestales, dans un temps où elles auroientpu manquer impunément à leurs devoirs, c’est-à-direlous les empereurs Chrétiens, qui n’auroient pas per-