Caractères. 47 ^
manquera, n’auront pas pour cela plus d’analogie entreeux ; et il se pourrait même à la rigueur qu’ils n’eussentaucun trait de ressemblance.
Quand nous disons qu’il y a des plantes dont l’embryona un ou deux cotylédons, dont la fleur est monopétaleou polypétale, et qui sont pourvues d’étamines et depistils,nous indiquons des êtres entre lesquels il y a desressemblances visibles et palpables , et les caractèresque nous en pouvons abstraire sont positifs, puisqu’ilssont fondés sur quelque chose de très-réel.
Mais quand nous disons qu’il y a des plantes sanscotylédons, sans corolle, sans organes sexuels , que ré-sulte-t-il de cet énoncé pour la connaissance de cesplantes, et sur quelle base établirons-nous une compa-raison , un rapport ?
Si je veux séparer les plantes dont les fleurs sontmonopétales, de celles dont les fleurs sont polypétales,la seule expression des caractères établit à-la-fois la dif-férence qui existe entre les deux groupes et la ressem-blance que les êtres qui se placent dans chaque groupeont entre eux ; et tel est l’avantage des caractères posi-tifs sur les caractères négatifs. On ne doit donc employerceux-ci pour distinguer une collection d’êtres,qu’à dé-faut des autres ; et toutes les fois que l’on parviendra àsubstituer des caractères positifs à des caractères néga-tifs , on aura travaillé d’une manière efficace au perfec-tionnement de la Botanique.
Vous concevez bien que des caractères positifs nepeuvent être fondés que sur des faits évidens par eux- 1mêmes, et jamais, quoiqu’en puissent penser quelquesesprits systématiques , sur des faits présumés dont onconclut l’existence par analogie. La présence d’un teg-men ou d’un périsperme est un caractère très-positifdans une multitude de graines ; mais conclure de là
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