Individu. Espèce. Variété. 477
Que des plantes provenant de la séparation de partiesd’autres plantes soient, comme on dit communément,la continuation de ces dernières, cette manière de s’ex-primer est une métaphore par laquelle on indique unmode particulier de génération ; mais ce mode n’exclutpoint l’individualité, quand une fois les parties séparéesont développé les organes nécessaires à la conservationde l’individu (i).
Le nombre des individus est, pour ainsi dire, infini.Aucun ne ressemble parfaitement à un autre ; touséprouvent de perpétuelles modifications; tous meurentaprès un laps de temps plus ou moins considérable.Comme il est évident qu’il n’est pas en notre pouvoird’examiner et de comparer tant d’êtres divers et péris-sables , la connaissance des individus ne doit pas êtrel’objet de nos études. C’est la. connaissance des Especes ,des Genres et des Familles, qui constitue la science duBotaniste.
Espèce et Variété.
L’Espece se compose de la succession des individus quinaissent les uns des autres, par génération directe et cons-tante, soit qu’elle s’opère par œufs ou par graines, soitqu’elle s’opère par simple séparation de parties. Ainsi,l’idée de l’espèce résulte de la connaissance d’un faitphysiologique très-positif, et ce serait une grande erreur
(i) C’est une opinion également insoutenable en physique et enmétaphysique, que de prétendre que deux plantes qui sont tout-à-fait isolées l’une de l’autre, dont l’une peut végétera une extrémitédu monde, et l’autre à l’autre extrémité; dont l’une peut venir àmourir sans que l’autre en soit du tout affectée ; que ces deuxplantes, dis-je , parce qu’elles proviennent d’une même souche , nesont qu’un seul et même individu.