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très-réelles, la classification générique adoptée par lesBotanistes, a sa base dans la Nature. Mais il faut con-venir que nous pouvons dans nombre de cas, multi-plier les coupures et rendre les genres plus ou moinsnombreux, selon qu’il nous plaît d’attacher plus oumoins d’importance à tel ou tel caractère. Tournefortdivisait les Chèvre-feuilles en trois genres; Linné a réunices trois genres en un seul. Linné ne faisait qu’un genredes Géranium ; Lhéritier en a fait trois. N’imaginez paspour cela que le groupe des Géranium et celui des Chè-vre-feuilles soient artificiels ; loin de là , car toutes les es-pèces s’y placent d’elles-mêmes en vertu de leur affinité ;aucun botaniste n’en doute, et les changemens opéréspar Linné et Lhéritier ne roulent que sur des considé-rations secondaires, et n’affectent que la nomenclature,laquelle , quoiqu’on fasse , admettra toujours quelquechose d’arbitraire.
Le Botaniste se propose deux buts dans la classificationgénérique : le premier, c’est de montrer les rapportsles plus naturels; le second, c’est de faciliter l’acquisi-tion des connaissances. Il manque à-la-fois ces deuxbuts , quand il admet comme genres, des associationscontraires aux analogies.
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Linné , usant du droit de législateur, a déclaré quel’on ne devait chercher les caractères des genres quedans le calice, la corolle, les étamines, les pistils, lespéricarpes, les graines et le réceptacle ; et il a mis , parcette décision, des bornes au désordre que Tournefortn’avait qu’imparfaitement réprimé. Mais la loi renduepar Linné est trop absolue. Quand les sept parties dontil veut que l’on fasse usage se ressemblent, tandis queles organes accessoires de la fleur diffèrent, soit par laforme, soit par la disposition, il est souvent permis detirer les caractères des genres de ces dernières parties ;