482 THÉORIE FONDAMENTALE,
sans cela combien de genres très - naturels et très-dis-tincts, qui pourtant ne sont établis que sur les caractèresde l’inflorescence , ne faudrait-il pas supprimer dans lesSynanthérées, les Conifères, etc.! Et notez encore queje ne parle ici que des plantes phénogames ; car si l’onpasse aux Champignons, aux Lichens , aux Algues , etc.,dans lesquels la fleur n’existe pas, la loi de Linné n’aplus du tout d’application, puisque les associations gé-nériques résultent pour les espèces de ces familles, d’unecertaine ressemblance dans la forme générale, la naturede la substance, la position des parties régénératrices,et quelquefois même la couleur du tissu.
Il y a trois sortes de genres ; i° les genres systéma-tiques • 2 0 les genres par enchaînement ou polytypcs ;3° les genres en groupe ou monotypes.
Les premiers sont composés d’espèces qui ne se dis-tinguent de celles qui composent les genres voisins quepar un seul trait de l’organisation reproduit dans toutes.Les Sauges rentrent dans cette classe : cherchez ce quiles isole des autres Labiées, vous verrez que c’est uni-quement l’organisation de leurs anthères, dont le con-nectif grêle et allongé est porté transversalement par lefilet comme sur un pivot. Les genres systématiques segravent facilement dans la mémoire , mais ils fournis-sent peu de matière à l’observation , parce qu’ils reposentsur un caractère isolé.
Les genres par enchaînement existent lorsque les espècesqui les constituent se rattachent les unes aux autrescomme les anneaux d’une chaîne, et se suivent sansinterruption marquée , de manière que l’on peut passerde la première espèce à la dernière, par des nuances in-sensibles. Ces genres n’ont point de caractères distinc-tifs ,• leurs limites sont incertaines ,• ils ne sont la plu-part, susceptibles d’aucun perfectionnement, et souvent