iS8 Histoire
Cela mortifia beaucoup les vieux Docteurs : ilsn’oserent attaquer l’expérience ; mais ils se van-gerentsur Galilée. On fit entendre aux Magis-trats qu’il ne convenoit point à un jeune hom-me de remporter fur des Anciens ; qu’ils en sa-voient plus que les démonstrations 8c l’expé-rience , & qu’un Professeur qui s’éroit oubliéjusqu’au point d’opposer les unes 8c l’autre àleur autorité , méritoit leur animadversion. Onn’osa pas répondre à une accusation si grave,8c Galilée fut obligé de quitter Pise. II se retiraà Padoue , où on lui offrit une chaire qu’il ac-cepta. II persista dans cette Ville à soutenir sonsentiment, 8c le confirma par de nouvelles ex-périences. La plus remarquable est celle qu’ilsir fur deux pendules de même longueur 8cchargés de poids rrès inégaux. II vit claire-ment que ces pendules faisoient leurs vibra-tions presque dans le même rems. II faut donc ,dit-il, que la différence de la chute des corpsdépende de la résistance de l’air, 8c en généraldes milieux dans lesquels ils tombent. Ainsi lescorps en tombant dans le vuide , quoique depesanteur très inégale, dévoient tomber enteins égaux. C’est la conclusion que tira Galiléede cette vérité. II ne pût point la vérifier parl’expérience. Mais avec le secours de la Ma-chine pneumatique , qu’on a découverte aprèsfa mort , on a reconnu la justesse de cette con-séquence : le duvet le plus leger tombe austivîte que le métal le plus pesant, tel que l’or 8cle plomb.
En examinant les mouvements des corpsdans leur chute , Galilée observa que les vites-ses des mêmes corps dans les mêmes milieux,
croient