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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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; ;o Histoire de t’A coustiq uesouvent d’une figure très bifarre. C’étoit un vé-ritable grimoire qu’un air de musique noté. Ilfalloit encore une mémoire prodigieuse pour sesouvenir que tel caractère íîgnifioit tel ton outelle corde. Aussi les Romains firent main ballefur tous ces caractères , & leur substituèrent lesquinze premieres lettres de leur alphabet. 11ss’attacherent aussi à perfectionner les instru-ments de musique. Parmi ces instruments, il enécoitun dont ils faisoient beaucoup de cas , &qui étoitsi agréable, qu’il est presque parvenujusqu’! nous. On l’appelloit la Mandore.

Cet instrument étoit monté de quatre cor-des, dont la plus petite , que nous nommonsaujourd’hui Chanterelle , servoit à jouer le des-sus , ou l’air seul. On la pinçoit avec une plu-me , attachée au doigt index. Les trois autrescordes faisoient une octave remplie de sa quin-te. Elles étoient frappées l’une après l’atitre parle pouce, &c elles faisoient l’effet de trois bour-dons. En jouant, on s’en servoit pour faire lescadences principales & les doininantes.On frap-poit même les bourdons suivant la mesure dePair; de maniéré qu’on frappoit quatre ou huitcoups quandctoitelle binaire, ác trois si elleétoit triple. C’étoit cette mesure , ou la cadencede Pair,qui formoit le caractère de leur musique,& par cette raison on metroit les timbales &les tambours au rang des instruments les plusconsidérables , parcequ’on pouvoir fort bien ymarquer le mouvement & la cadence.

La perfection des instruments de Musique ,n’étoit pas le seul objet dont les Musiciens s’oc-cupassent. Ils cherchoient encore à simplifier lamaniéré d’écrise un air, ou de le noter. S. Gré-