3Ç4 Histoire de t’A COUSTIQUÍrépéter une des six r.otes , & lui donner un to»différent. 11 ctoit aisé de remédier à cela , enajoutant une septième note à ces six. Mais leSuccesseur de Gui Aretin dans i’étude des pro-grès de la Musique s’occupa de tout autreobjet.
11 se nommoit Jean des Murs. II étoit Doc-teur de Paris, où il étoit né au commencementdu quatorzième siecle.Ses vues íe porterentsurl'agrément du chant. Il remarqua que l’cgalitéde notes inventées par Gui rendoit le chanttrop uniforme. Elles avoient toutes une mêmevaleur , & cela nuiíoit aux mouvements tantôtlents , tantôt vîtes , qui rendent un air agréa-ble. Jean des Murs imagina différentes figuresde notes , & trouva ainsi le moyen de faireconnoître tout-d’un-coup combien de tempsdoit précisément durer chaque son. Ainsi ilinventa les notes qu’on distingue aujourd’huipar rondes . blanches , noires croches , triplescroches , &c.
Cependant il manquoit toujours une septiè-me note , pour parvenir jusqu’à l’octave, Versle milieu du sieclepasié, on ajouta une septièmesyllabe aux six autres; c’est Ji, & on exprimapar-là avec facilité tous les degrés de l’octave ;un en remplit tous les intervalles, & commeles sons peuvent se répéter d octave en octaveà l’infini a on fit cette répétition fans être obli-gé de changer le nom des notes. Ce succès en-hardit à examiner avec plus de foin le systèmede Gui. On trouva par cet examen qu’d la cordechromatique , ou au b mol de cet Auteur } onpouvoit ajouter les cordes chromatiques des'Anciens, c’est-à-dire celles qui partagent les