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Histoire des progrès de l'esprit humain dans les sciences exactes / par Monsieur Savérien
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570 Histoire de l’Acoustiquetelle qui n’en tmpercevroit que deux , tellequi ne seroit affectée que d’un,& peut-être mê-me telle qui ne recevrait d’impression d’au-cun. Je dis aussi-tôt voilà une des sources dsla différence de la sensibilité pour la Musique ,que l’on remarque entre les hommes. Voilà deshommes pour qui la Musique ne fera que dubruit, ceux qui ne seront frappés que du sonfondamental , ceux pour qui tous les harmoni-ques seront perdus. Voilà, ajoutai-je , desbruits plus ou moins aigus : voilà des échellesde bruits, comme des intervalles de sons ; 8cceux, s’il y en a d’assez mal conformés, quiprendraient indistinctement l’échelle des sonspour l’échelle des bruits , feraient totalementétrangers au plaisir musical.

Je passai de-là à la considération relative duson fondamental 8c de ses harmoniques , & jetrouvai que c’étoit fa douzième 8c fa dix-sep-tieme ; c’est-à-dire l 'Octave de fa Quinte 8c ladouble Octave de fa Tierce > au lieu que j’avoiséprouvé en moi-même que c’étoit fa Quinte 8Cfa Tierce , que je lui faiiois succéder par préfé-rence à tout autre.

Je me demandai la raison de cette différen-ce , & je vis bientôt que l’organe n’étant pointexercé , il n’avoit pas, la premiere fois qu’onentend un son , la faculté de se représenter deSsons aussi éloignés que ses concomitans. D’ail-leurs je favois, par expérience, que XOctaven’est qu’une répliqué ; combien il y a d’identitéentre les sons & leurs répliqués , 8c combien ileff facile de prendre l’un pour l’autre ; ces sonsmême se confondant à l’oreille quand ils son £entendus ensemble. Je conclus donc que moi»