SUR LE PoEME ÉPIQUE . 1Çtation de Pythagore et de Platon , ont con-damné Homere d’avoir ravalé ainsi la natureDivine, et ont déclamé avec beaucoup d’es-prit et de force contre l’absurdité qu’il y ade représenter les mystères de la théologiepar des actions impies attribuées aux puis-sances célestes, et d’enseigner la morale pardes allégories dont la lettre ne montre quele vice. Mais, sans blesser les égards qu’ondoit avoir pour le jugement et le goût de cescritiques , ne peut-on pas leur représen-ter avec respect que cette colere contre legoût allégorique de l’antiquité peut être por-tée trop loin ?
Au reste , je ne prétends pas justifier Ho mere dans le sens outré de ses aveugles admi-rateurs ; il vivoit dans un temps où lesanciennes traditions sur la théologie orien-tale commençoient déjà à être oubliées. Nosmodernes ont donc quelque sorte de raisonde ne pas faire grand cas de la théologied’Homere ; et ceux qui ne veulent pas le jus-tifier tout-à fiait, sous prétexte d’une allé-gorie perpétuelle j montrent qu’ils ne connois-sent point assez l’esprit de ces véritables an-ciens , en comparaison desquels le chantred’ilion n’est lui-même qu’un moderne.
Sans continuer plus long-temps cette dis-cussion , on se contentera de remarquer quel’auteur du Télemaque , en imitant ce qu’ily a de beau dans les fables du poëte grec ,a évité deux grands défauts qu’on lui im-pute. Il personnalise comme lui les attributsdivins, et en fait des Divinités subalternes ;mais il ne les fait jamais paroître qu’en desoccasions qui méritent leur présence ; il ne